Un nouveau statut pour les étudiants entrepreneurs

Pour cette année universitaire 2015-2016, l’UCL a mis en place un nouveau statut pour les étudiants porteurs de projets d’entreprise. Un dispositif qui complète une vaste panoplie d’initiatives en faveur des entrepreneurs, détaille Didier Lambert, vice-recteur aux Affaires étudiantes.

“Voici quelques années, parler d’entreprise au sein de l’université pouvait vous attirer des regards réprobateurs”, se remémore Didier Lambert. “Aujourd’hui, on n’assimile plus forcément l’entreprise à l’économie ultralibérale.” Et l’université considère que favoriser l’entrepreneuriat relève de la troisième mission qui lui incombe, aux côtés de l’enseignement et de la recherche: le service à la société. La création du Louvain Technology Transfer Office (LTTO), en 2010, a marqué une étape importante dans ce processus. Ce “guichet unique” rassemble les équipes de l’administration de la recherche de l’UCL et celles de la Sopartec, société de financement dédiée de l’UCL.

“Par ailleurs, nous proposons une ‘mineure’ en création d’entreprise, accessible à toutes les filières, depuis plusieurs années”, reprend Didier Lambert. Cette mineure vient compléter, à hauteur de 30 crédits, les programmes de bacheliers universitaires existants, qui comportent, au total, 180 crédits. En Master, nous disposons d’un programme-phare consacré à ce sujet: la formation CPME. On y entre par concours, avec lettre de motivation et idée de projet. Ce programme jouit d’une reconnaissance internationale.” Bien sûr, certaines filières de Master déjà orientées vers l’entreprise, comme la gestion, offrent également aux étudiants des options ‘entrepreneuriat’.

Un Student Start Lab à Mons

En plus des programmes transversaux et des options internes aux filières, l’université développe activement ses réseaux pour “faire travailler ensemble les ‘académiques’, les étudiants, les alumni et les entreprises, quelle que soit leur vocation”, résume le Pr Lambert. “Car toutes les entreprises ne sont pas à but lucratif: celles à visée sociale sont également représentées.” Les jeunes pousses bénéficient d’une collaboration bien établie entre la Maison des entreprises de Mons et l’incubateur de l’UCL: le Centre d’entreprise et d’innovation (CEI). Un y-incubator (avec le “y” de “youth” ) accompagne les jeunes créateurs en dehors des cours et les guide vers des financements. Le site de l’UCL à Mons s’enorgueillit de son Student Start Lab doté de coaches et d’un espace de “co-working”.

Depuis la rentrée, le statut “PEPS”, qui s’adressait initialement à des étudiants au profil spécifique (sportifs de haut niveau, artistes, étudiants en situation de handicap ou atteints de maladie) a été étendu aux étudiants-entrepreneurs. “Les bénéficiaires, sélectionnés par appel d’offres, sont suivis individuellement et peuvent obtenir un aménagement raisonnable de leur programme académique”, reprend Didier Lambert. Cette année, 13 étudiants-entrepreneurs ont été choisis, dont deux femmes.

 

Certains étudiants se renseignent sur la dimension “entreprise” en amont de leur inscription à l’université.

“Les projets touchant au Web sont les plus nombreux. D’autres concernent l’organisation d’événements culturels ou proposent des solutions transgénérationnelles”, assure le vice-recteur. Il constate que l’attrait de l’entreprise est aujourd’hui plus grand chez les étudiants: “Certains d’entre eux se renseignent même en amont de leur inscription à l’université. Des success-stories comme celle des gobelets réutilisables ont suscité des vocations.” L’UCL a été à l’origine d’une vingtaine de spin-off ces dernières années. Son fonds Vives I dispose de 43 millions d’euros investis dans 10 entreprises en démarrage et en croissance.

“Connaître la bonne personne au bon endroit”

Passer du statut de starter à celui de “bon vendeur” est souvent difficile. Disposer d’un accélérateur qui vous connecte immédiatement à un vaste réseau peut s’avérer très utile.

“Le développement d’une entreprise est un processus complexe”, prévient Leo Exter. Spécialiste des startup et scale-up, qui conseille BNP Paribas Fortis au sein de l’Accelerator, l’une des principales activités de Co.station BXL, parallèlement au Co-working Village et à l’Academy. “Lorsque vous entrez dans une nouvelle phase, vous avez besoin de compétences et d’un réseau différents. Passer de deux salariés à six, puis à douze, est à chaque fois un changement gigantesque. Tout comme passer de petites ventes en ligne à la vente à de grandes entreprises. C’est dans ces moments- charnières que nous souhaitons être présents pour les jeunes entreprises.”

L’Accelerator est spécifiquement axé sur les start-up et scale-up qui commercialisent des produits et services intéressant les partenaires organisateurs. “Vendre à une grande entreprise exige beaucoup d’efforts, surtout avec un personnel réduit”, argumente Leo Exter. “Par l’intermédiaire de nos partenaires, nous connaissons la bonne personne au bon endroit, et nous pouvons solliciter son réseau.”

L’accélérateur collaborera avec quatre entreprises dans quelques mois. Comment Leo Exter mesurera-t-il le succès de ce projet? Si l’une de ces start-up devient une “licorne”, avec une valeur de marché dépassant le milliard de dollars? “Ce ne serait pas mal, naturellement”, sourit-il. “Mais pour moi, il s’agit moins de valeur boursière que d’activité économique. Et d’entreprises qui grandissent et emploient de plus en plus de personnes. Nous ne voyons pas cette initiative comme un coup de pub, mais comme un service destiné à satisfaire à la fois les starters et nos partenaires.”

05/04/2016
Entrepreneur, Etudiants, start-up, UCL