La blockchain provoque une réaction en chaîne

Les possibilités offertes par la technologie sur laquelle est fondé le bitcoin dépassent largement les simples paiements pour lesquels elle est principalement utilisée. Les blockchains permettent d’effectuer toutes sortes de transactions plus rapidement, et souvent à moindre coût.

Peu d’internautes ont déjà entendu parler des blockchains (“chaînes de blocs” en français), la technologie sur laquelle est basée la monnaie numérique bitcoin. Pourtant, elle promet de révolutionner de nombreux domaines d’activité, et notamment le secteur bancaire. “Une blockchain est une base de données centralisée de transactions”, détaille Tom Hansen, qui en étudie les possibilités chez BNP Paribas. “Cette technologie accroît la transparence et permet de supprimer les contreparties dans toutes sortes de processus. Les transactions s’effectuent en effet en peer-to-peer, de personne à personne. Chaque partie serait à même de contrôler toutes les transactions qui ont un jour eu lieu. Cela crée une seule vérité, vérifiable par chacun, et permet souvent de se passer d’intermédiaires.”

La technologie offre une quasi-infinité de possibilités. Prenez le secteur financier. Les paiements interbancaires et les transactions sur titres s’accompagnent encore d’énormes procédures administratives, de flux de données dont le traitement nécessite parfois plusieurs jours, et manquent singulièrement de transparence. Avec les blockchains, ces transactions sont réglées immédiatement, ce qui peut représenter des économies considérables sur les coûts, notamment en rendant en partie superflues les chambres de compensation.

“Les blockchains ont le potentiel de faciliter les paiements internationaux instantanés de manière efficace en matière de coûts”, poursuit Tom Hansen. “Elles pourraient même s’avérer utiles dans des processus encore très administratifs, tels que le financement de transactions commerciales et d’exportations. Ce qui devrait sans doute intéresser les entreprises qui nourrissent des ambitions internationales.”

La banque espagnole Santander prévoit d’économiser jusqu’à 20 milliards de dollars d’ici 2022 grâce à la technologie blockchain.

Mais aussi les institutions financières. La banque espagnole Santander révèle dans une étude qu’elle prévoit d’économiser jusqu’à 20 milliards de dollars d’ici 2022 grâce à la technologie blockchain, qui permettrait de réduire les coûts des paiements transfrontaliers, de rationaliser le marché des titres et de satisfaire aux réglementations les plus diverses. “La technologie offre la possibilité de modifier la configuration et d’optimiser certains produits et processus bancaires”, prolonge Tom Hansen. “De cette manière, nous pourrons servir nos clients de manière plus rapide, plus efficace et à moindre coût. De nombreux nouveaux produits verront le jour grâce à cette technologie.”

Transactions sur actions

Avec la technologie blockchain, vous pourrez également négocier plus facilement des titres de propriété sur quelque actif que ce soit. Les blockchains peuvent par exemple optimiser les transactions sur actions, ou faciliter le suivi des transactions immobilières. “Au Honduras et au Ghana, des projets de numérisation du cadastre basés sur blockchain sont déjà en cours”, illustre Tom Hansen. “De son côté, le secteur diamantaire étudie la technologie pour lutter contre la fraude.”

Une innovation importante de la technologie blockchain réside dans l’utilisation de “smart contracts”, des contrats programmables et exécutables automatiquement. “Le nombre d’applications possibles est immense”, apprécie Tom Hansen. “Par exemple dans le domaine des subsides. Si les moyens octroyés ne sont pas utilisés conformément à leur destination, ils peuvent automatiquement être remboursés à l’autorité qui les a fournis.” Ces contrats intelligents nous rapprochent également de l’Internet des objets, une appellation collective qui désigne des appareils fonctionnant de manière indépendante, comme des appareils électroménagers, mais communiquant avec leur environnement et exécutant de manière automatique des actions programmées.

Collaboration

Compte tenu de leur potentiel, il ne faut pas s’étonner que le secteur financier investisse énormément dans les blockchains. Pas un jour ou presque ne se passe sans qu’une banque annonce un partenariat avec une start-up active dans cette technologie.

BNP Paribas, qui entend jouer les pionniers dans ce domaine, a plusieurs projets en cours visant à créer de la valeur ajoutée avec les blockchains. La banque est ainsi membre de R3, un consortium international de 42 institutions financières qui étudient les applications blockchains et développent des normes interbancaires pour la nouvelle technologie.

En outre, BNP Paribas investit directement dans des start-up actives dans les blockchains. Récemment, la banque a pris une participation dans Digital Asset Holdings. Cette start-up, dirigée par l’ancien exécutif de JP Morgan Blythe Masters, analyse les possibilités d’optimiser les marchés des capitaux à l’aide de la technologie blockchain.

 

QU’EST-CE QU’UNE BLOCKCHAIN?

Cette sorte de base de données enregistre qui possède quoi et qui doit quoi à qui au moyen d’une chaîne virtuelle chiffrée. Les blockchains permettent ainsi de régler les transactions entre deux parties sans intermédiaire. En étendant le code, il est même possible d’ajouter des informations supplémentaires. L’énorme base de données mobile est gérée par un réseau en ligne d’ordinateurs qui déchiffrent et valident les transactions codées. Les blockchains sont presque impossibles à cracker, règlent des transactions en temps réel et fonctionnent de manière quasiment automatique.

23/03/2016
Blockchain, start-up