Entreprendre n’est plus réservé aux créatifs

Dans un monde qui change, où le numérique rebat les cartes dans presque tous les secteurs, l’aventure de l’entrepreneuriat et de la start-up tente aujourd’hui de nombreuses personnes. Un mouvement global que l’on retrouve tant à San Francisco qu’à Dakar, à Buenos Aires qu’à Lisbonne et Riga.

Les nouveaux entrepreneurs sont animés d’une double envie: le rejet des carrières traditionnelles, souvent en évoquant leur manque de ‘sens’, et les nombreuses possibilités qui s’offrent dans une économie mondialisée, globale et locale, en plein questionnement quant à sa chaîne de valeur.

Ce manque de sens est souvent évoqué, tant par des jeunes qui viennent de terminer leurs études que par des trentenaires qui ne se retrouvent plus dans les grandes structures. Ils sont nombreux à se réunir à l’occasion d’Entrepreneurs Weekends, afin de définir leurs motivations et les premiers pas à accomplir pour “créer leur job”.

Si un nombre croissant d’hommes et de femmes caressent le rêve du parcours entrepreneurial, ils butent fréquemment sur la recherche de la bonne idée. Soit parce qu’ils attendent d’en trouver une, soit parce qu’ils en ont une qu’ils jugent excellente… à tort. Dans les deux cas, le message que leur transmet l’approche Lean Startup – méthodologie issue du livre du même nom écrit par Eric Ries en 2011 – est celui-ci: une bonne idée n’est qu’un point de départ. Il est même possible de débuter le processus sans la moindre idée. Dans certains cas, c’est préférable! Enfin, une idée seule n’a guère de valeur, voire pas de valeur du tout.

Désormais, les deux dimensions, créative et analytique, s’imbriquent de façon homogène.

Car entreprendre, ce n’est pas inventer mais innover. Identifier un besoin, un problème, propre à un segment de clientèle, et tenter d’y répondre de manière inventive. Un entrepreneur cherche avant tout à satisfaire ce besoin de manière différente. Et c’est précisément cette absence de routine, et le bonheur que procurent l’inventivité et la créativité, qui attirent souvent les candidats-entrepreneurs. Le revers de la médaille est que ce sont aussi ces aspects qui rendent le parcours si incertain et inconfortable. Les entrepreneurs traversent en permanence des hauteurs d’optimisme et des profondeurs de pessimisme. Ces montagnes russes émotionnelles mettent leurs nerfs à rude épreuve.

Le développement d’une entreprise est une matière largement traitée. En revanche, il existait peu d’approches théoriques portant sur la phase critique de la création. C’est pourquoi la méthode Lean Startup a rencontré un tel succès depuis sa formalisation, voici quelques années à peine. Elle n’apporte pas de réponse à toutes les questions, mais propose un cadre structurant permettant d’accompagner l’entrepreneur dans sa phase de “découverte”.

Centrée sur la validation par les futurs clients ou utilisateurs, le plus tôt possible, le plus vite possible et à toutes les étapes de la réflexion, cette méthode transforme l’entrepreneur en gestionnaire d’un processus articulé autour de la connaissance et de la compréhension du client. Elle permet de structurer – et donc de gérer – l’élaboration de la proposition de valeur tout en laissant le champ libre à l’innovation et à la créativité dans l’élaboration des réponses.

Entreprendre n’est plus une activité réservée aux créatifs et interdite aux esprits analytiques. Désormais, les deux dimensions, toujours indispensables, s’imbriquent de façon homogène.


Benoit Lips

Partner chez Lean Studio, coach et mentor en entrepreneuriat et intrapreneuriat

Benoît Lips
23/03/2016
Benoît Lips, Entreprendre, start-up