Du statut de “micro-entreprise” à celui de mastodonte pharmaceutique

Son diplôme de pharmacien en poche, le jeune Marc s’interroge sur son avenir. Après mûre réflexion, il décide de ne pas reprendre la pharmacie de son père, mais de créer une petite entreprise avec un ami rencontré sur les bancs de l’école. Et il commence à vendre du shampooing aux pharmaciens. Depuis le début de ce siècle, 1.400 Belges font chaque année le même choix que Marc: ils lancent leur entreprise.

Être leur propre patron leur paraît préférable à un statut de salarié. Qui sait, l’un d’entre eux deviendra peut-être le prochain Peter Thiel, cet entrepreneur américain qui doit sa fortune à la plateforme de paiement en ligne PayPal. En 2004, il était l’un des premiers financiers externes de Facebook, qui n’était pas encore cotée en Bourse. Voici quelques années, Peter Thiel a créé la Thiel Foundation afin d’encourager l’entrepreneuriat chez les jeunes.

Chaque année, la fondation fait don de 100.000 dollars à 20 entrepreneurs prometteurs. Seule condition: ils doivent créer leur propre entreprise avant la fin de leurs études. Peter Thiel est en effet convaincu que de nombreux jeunes choisissent de poursuivre leur cursus en l’absence d’alternative. Et ce, alors même qu’ils ont atteint l’âge le plus créatif: ils sont ambitieux, ouverts d’esprit et sans autre préoccupation. En d’autres termes, les entrepreneurs idéaux. De nombreux exemples confirment l’intuition de Peter Thiel. Marc Zuckerberg a lancé une première version de The Facebook depuis sa chambre d’étudiant à Harvard, après quoi il a décidé d’abandonner ses études.

Daniel Ek et Jack Dorsey, de la même génération que lui, ont suivi une trajectoire similaire avec respectivement Spotify et Twitter. Avant eux, Steve Jobs et Bill Gates avaient opéré le même choix. Les “unicorns” (“licornes” en français), ces start-up technologiques auxquelles les investisseurs privés accolent une valorisation d’au moins un milliard de dollars, suscitent une saine ambition parmi les jeunes starters. Mais ce ne sont pas uniquement les Airbnb et autres Uber qui valent la peine de se lancer. La fédération des entrepreneurs Unizo a calculé que les “micro-entreprises” dont le chiffre d’affaires n’excède pas 2 millions d’euros génèrent environ un quart du produit intérieur brut belge. Ces mêmes entreprises occupent près d’un million de personnes, soit un tiers de l’emploi total dans notre pays.

Qu’est-il advenu de Marc? Ce qui a commencé comme une mini-entreprise de shampooing est devenu un mastodonte pharmaceutique, faisant de son fondateur un milliardaire. Aujourd’hui, Marc possède un club de football et sponsorise une équipe cycliste, une équipe de basket-ball et… deux pandas. Surtout, Marc est un modèle pour les jeunes qui ont une idée, de l’ambition et l’envie d’entreprendre.

Peter De Keyzer
23/03/2016
edito, Peter De Keyzer, start-up