“La smart city n’est pas forcément une grande ville”

Collecter des données est devenu facile. Mais pour s’appuyer sur elles afin de diminuer la consommation d’énergie et préserver l’environnement, il faut en tirer le meilleur parti. Les “briques technologiques” fournies par Opinum le permettent, dans des communes de toutes les tailles.

Les données ne sont rien sans une bonne interprétation, et si elles ne débouchent pas sur des actions concrètes”, déclare Loïc Bar, directeur général d’Opinum. “Pour que les data entraînent une réelle plus-value pour les villes, il faut croiser plusieurs sortes de données: consommation d’énergie, météo, horaires d’ouverture, chiffres de fréquentation, ainsi qu’une multitude d’autres données contextuelles.

Alors, les décisions à prendre s’imposent d’elles-mêmes. Par exemple, la ventilation et le chauffage de la plupart des salles de spectacle sont programmés pour fonctionner à fond toute la journée. Or, le besoin dépend du nombre de personnes dans le bâtiment. Si l’on tient compte du nombre de places vendues, des horaires précis de la représentation, etc., on peut limiter la pleine capacité du système aux heures des spectacles. Cela peut représenter une économie de 50% sur la facture.”

À terme, les data pourraient devenir un outil de rééquilibrage du territoire.

Loïc Bar, Opinum

Cette société se définit comme un fournisseur de “briques technologiques” de gestion des données touchant à l’énergie et à l’environnement. Sa plateforme d’analyse agrège et croise des informations provenant de plusieurs sources, et les “traduit” en tableaux de bord et autres alertes.

Ces données peuvent être issues de la météo, des fournisseurs et distributeurs d’énergie, des lieux publics et privés, etc. Chaque ville élabore ensuite ses propres outils, par exemple pour limiter sa consommation d’énergie et d’eau, ou pour améliorer la qualité de son air. Les indicateurs actuels, évalués pour la journée, sont “aberrants”, selon le jeune entrepreneur, car la pollution atmosphérique varie fortement selon les quartiers, les heures, la météo… Une analyse fine permet d’adopter des actions dont l’impact est vite quantifiable.

“Nous avons aidé une ville wallonne de 30.000 habitants à diminuer sa consommation d’énergie de 24%”, se réjouit Loïc Bar. “Et Musson, un village de 2.000 ménages de la province de Luxembourg, est la seule commune belge à disposer de compteurs d’eau ‘intelligents’. Car la smart city n’est pas forcément de la taille de Bruxelles ou de Barcelone.

Si les petites villes se dotent d’une haute qualité de services, avec des e-guichets pour les démarches administratives et du haut débit autorisant le télétravail, cela désengorgera les centres urbains. À terme, les data pourraient devenir un outil de rééquilibrage du territoire.” ll

19/06/2018