Comment la ville intelligente profite à tous

L’avenir de la ville était au cœur du salon Viva Technology à Paris. Intelligent et vert sont plus que jamais des adjectifs clés.

Un robot à taille humaine nous fixe de ses grands yeux et avance un bras un peu raide en notre direction. “Les yeux sont des caméras”, nous explique-t-on. “Ils sont équipés d’un logiciel de reconnaissance faciale. De tels robots sont idéals pour le secteur des soins, qui gagnera encore en importance au cours des années à venir.”

Trois stands plus loin, Zouzoucar, une start-up française, séduit de nombreux curieux avec son slogan “Gagnez une heure par jour”. Zouzoucar est une nouvelle plateforme de partage qui réunit les parents vivant en milieux urbains et désireux de partager les déplacements de leurs enfants. Ceux qui voient les choses en un peu plus grand peuvent se tourner vers Airbus, dont le CityAirbus suscite un vif intérêt à Paris: un hélicoptère électrique aux lignes futuristes destiné à répondre aux problèmes de mobilité auxquels toutes les grandes villes ou presque sont confrontées.

Si Viva Technology prouve déjà une chose, c’est qu’en 2018, les solutions intelligentes pour smart cities couvrent à peu près tous les aspects de notre vie quotidienne. Et que des entreprises de tous les secteurs espèrent tirer profit de ce marché en plein boom – des “usual suspects” aux nouveaux arrivants. L’internet des objets et l’intelligence artificielle y jouent souvent un rôle décisif, et l’on trouve presque toujours un lien direct entre “plus intelligent” et “plus respectueux de l’environnement”. Car personne ne doute que la ville intelligente du futur sera également une ville beaucoup plus circulaire.

Partager les déchets

“Le secteur de la construction représente au-jourd’hui 250 millions de tonnes de déchets par an, soit quelque 70% de tous les déchets produits en France chaque année”, chiffre Sandrine Renaudin. À Paris, elle fait la promotion de Cycle Up auprès de responsables des secteurs de la construction et de l’immobilier. Cette petite entreprise innovante veut rendre les villes plus durables en enregistrant les matériaux et les déchets de construction pour les recycler ou les réutiliser.

Même si l’on a écrit des bibliothèques entières sur l’internet des objets, la grande percée reste à venir.

“Les déchets, et surtout les déchets de construction, constituent l’un des grands défis de la ville du futur. Par le biais de notre plateforme, des acteurs majeurs de l’immobilier, des entreprises de construction et des démolisseurs peuvent partager des informations et acheter, vendre ou échanger des matériaux usagés. Outre sa valeur du point de vue écologique, les sociétés de construction sociale manifestent un intérêt marqué pour ce système. Elles doivent souvent composer avec des budgets limités: la réutilisation de matériaux est donc une option très intéressante. Bien que la plateforme ne soit ouverte que depuis quelques mois, elle attire déjà les regards. Et nous espérons étendre nos activités hors de France à relativement court terme.”

Start-up à 300 km/h

“Pitch” est sans doute l’un des termes les plus entendus lors de ce salon. Des villes intelligentes exigent en effet des solutions inédites pour les défis urbains – et autres – les plus divers. On joue donc pleinement la carte des start-up à Paris. Des centaines de petites entreprises  tentent de s’attirer les faveurs d’investisseurs et de clients potentiels. Une cinquantaine de start-up belges et néerlandaises ont ainsi eu la possibilité de se présenter et de soumettre leur business plan à 300 km/h dans le Thalys vers Paris. Le lauréat a pu pitcher son projet devant un public d’experts internationaux à Viva Tech.

Données et capteurs

La société belge Waylay était également de la partie. Le développeur de logiciels gantois a conçu une plateforme ingénieuse sur laquelle il est possible de fusionner des données et des informations de sources les plus diverses. “Sur cette base, nous créons des applications à même d’améliorer l’intelligence non seulement d’environnements urbains – pensez à des applications d’optimisation de la politique de mobilité dans une grande ville – mais aussi des maisons, des immeubles de bureaux et même le traitement des déchets dans les villes”, détaille Tim Devreese, Business Development Manager. “Le principe est toujours identique: une foule de capteurs fournissent des informations à un réseau, qui aide ensuite les utilisateurs à accroître leur contrôle sur certains systèmes ou environnements. Dans la dernière phase, ceux-ci gagnent peu à peu en intelligence.”

Waylay n’existe certes que depuis quelques années, mais elle enregistre une croissance très soutenue et se montre active dans le monde entier. “En fait, la smart city est devenue un concept fourre-tout dont relèvent un nombre croissant d’applications technologiques dans les secteurs et domaines les plus diversifiés”, prévient Tim Devreese. “Par exemple, nous travaillons à des applications pour personnes âgées, se basant sur un réseau de capteurs installés dans des maisons de repos ou au domicile de seniors pour remplacer des interventions humaines. Or, même si l’on a écrit des bibliothèques entières sur l’internet des objets, cette technologie n’en est encore qu’à ses balbutiements! La grande percée reste à venir.” Quelle est l’importance d’une grand-messe technologique telle que Viva Tech pour une entreprise comme Waylay?

“Nous ne le saurons que dans six mois”, répond Tim Devreese. “De très nombreuses personnes et entreprises y sont présentes, mais la plupart ne savent pas exactement ce qu’elles cherchent ou ce qui est disponible sur le marché. C’est précisément ce qui fait la valeur d’un tel salon: les rencontres au hasard, mais aussi les présentations que je peux donner ou le réseau que je me constitue. À ceci près que l’on ne sait jamais à l’avance ce que cela va réellement apporter.” ||


A la recherche de la ville de demain

À l’invitation de la banque, une centaine de clients de BNP Paribas Fortis – des petites start-up aux grandes entreprises en passant par les institutions publiques – ont pu visiter Viva Technology de bout en bout. Pendant les deux jours qu’ils ont passés à Paris, leurs représentants ont été immergés dans la ville du futur et les opportunités et défis qui l’accompagnent.

19/06/2018