Shopping sans carte ni cash

Le paiement mobile ouvre la voie à une toute nouvelle manière de consommer. Il offre de nombreux avantages, aux consommateurs comme aux commerçants. Mais il faudra encore s’y habituer. Payer sans cash fait depuis longtemps partie de notre quotidien. Mais aujourd’hui, les paiements mobiles un terme qui recouvre de nombreuses solutions font progressivement leur apparition. Payer son parking ou son tram par SMS, utiliser son GSM en lieu et place de sa carte bancaire ou payer ‘sans contact’ ne font certes pas encore partie de nos habitudes. Il n’est toutefois pas trop tôt pour s’interroger sur les nouvelles possibilités qu’offrent les paiements mobiles. Exigent-ils une autre approche, une autre manière de gérer son budget ? Au-delà des avantages certains qu’ils présentent, comportent-ils également des risques?

Vif intérêt

Le paiement mobile est encore un phénomène récent : peu d’enquêtes ont été menées à son sujet. Une étude menée en Finlande, où le paiement mobile a déjà été introduit il y a dix ans, nous apprend toutefois que les consommateurs y voient des avantages mais aussi des inconvénients. Parmi les avantages: la possibilité de procéder à un achat partout, sans faire la file à la caisse ni même entrer dans la boutique. Que penseriez-vous par exemple de pouvoir acheter votre billet de cinéma dans le tram, et de vous rendre directement dans la salle, sans passer par le guichet ?

Autre avantage identifié par les consommateurs interrogés : plus besoin de petite monnaie, pour alimenter l’horodateur ou payer le boulanger. Mais les consommateurs modernes sont également critiques : ils attendent des transactions mobiles qu’elles ne soient pas plus chères que les paiements en espèces. Et ils veulent également un système unique qui fonctionne partout. Nous n’en sommes pas encore là en Belgique. Un paiement par SMS coûte parfois plus cher qu’un paiement traditionnel. L’opérateur mobile ou le prestataire de services veut également sa part du gâteau.La sécurité est aussi une préoccupation pour de nombreux consommateurs. Une préoccupation qui survient d’ailleurs à chaque fois qu’un nouveau système de paiement apparaît. Il n’y a pourtant aucune raison de croire que le paiement mobile soit plus exposé qu’un autre type de paiement. Le bon sens reste la règle : dorénavant, il faut prendre le même soin de son smartphone que de son portefeuille !

Réticences

Des études révèlent que certains consommateurs redoutent le manque de clarté et l’absence de preuve. Car vous ne recevez ni ticket de caisse, ni aucune autre preuve de paiement lorsque vous effectuez un paiement mobile. Cet obstacle n’est pourtant pas insurmontable. Dans plusieurs pays, dont les États-Unis et les Pays-Bas, vous pouvez depuis peu payer par iPhone ou iPad dans les Apple-stores. L’idée est simple : vous entrez dans le magasin, vous choisissez l’article que vous désirez et vous ouvrez une application qui vous permet d’effectuer le paiement via la carte de crédit associée à votre compte iTunes.

Le ” ticket de caisse ” vous est envoyé par e-mail et arrive donc immédiatement sur votre iPhone ou iPad. Aux États-Unis surtout, Apple note peu de réticences vis-à-vis de ce système. Bien entendu, l’association avec une grande marque suscite la confiance du consommateur. Les Américains et les Néerlandais sont par ailleurs plus disposés que les Belges à payer par carte de crédit et en ligne. Cependant, le succès des paiements par SMS des tickets De Lijn démontre que nous sommes prêts pour le paiement mobile si toutefois la procédure est simple.

Peut-être est-ce là la plus grande évolution provoquée par le paiement mobile : la disparition du sentiment de faire un achat. Il faut donc veiller à ne pas dépenser plus que prévu, en particulier lorsque le paiement mobile est associé à une carte de crédit. Porter un regard lucide sur ses finances et son budget semble plus que jamais indispensable.

Sans contact

Le système NFC ou Near Field Communication a le mérite de la simplicité. Il s’agit en fait d’une puce intégrée dans votre smartphone qui est capable de communiquer sans fil sur de très courtes distances quelques centimètres avec d’autres appareils, comme des terminaux de paiement. En Belgique, le système en est encore au stade expérimental. Payer avec un téléphone compatible NFC nécessite juste un geste en direction de la caisse. Selon les accords conclus avec le secteur bancaire, il faudra peut-être saisir un code secret pour confirmer l’achat. Mais peut-être ceci ne sera-t-il nécessaire que pour les montants supérieurs à un plafond donné, comme 10 ou 20 euros.

Un exemple ? Le matin, vous entrez dans la librairie, prenez un journal et faites un geste avec votre GSM vers la caisse avant de sortir. Un achat qui durait peut-être cinq minutes peut désormais être accompli en quelques secondes. Bonne nouvelle pour les navetteurs qui doivent prendre leur train. Inconvénient? Une telle rapidité peut vous amener à acheter quelque chose dont vous n’avez en fait pas besoin ou vous découvrez a posteriori que vous avez oublié un article important. De leur côté, les commerçants devront sans doute déployer davantage d’efforts pour attirer l’attention de la clientèle et mettre en valeur leurs produits.

22/08/2013