Paiements mobiles en Afrique

C’est dans les pays en voie de développement, et particulièrement en Afrique, que les paiements mobiles ont pris leur envol il y a plus de dix ans. Zambie, 2001 : le premier service de paiements mobiles, baptisé Celpay, voit le jour. Depuis lors, des offres similaires ont été lancées dans les pays émergents, principalement en Afrique de l’Est, par les opérateurs de téléphonie mobile. Ce mouvement n’a fait que se renforcer à la suite du succès de M-PESA au Kenya (2008), de sorte qu’il y a aujourd’hui 150 services de paiements mobiles dans le monde émergent pour 30 millions d’utilisateurs, dont un tiers en Afrique de l’Est. Le nombre de comptes de paiements mobiles excède même le nombre de comptes bancaires au Kenya, à Madagascar, en Tanzanie et en Ouganda !

Toutefois, il ne s’agit pas d’applications sophistiquées pour smartphones, mais de services qui peuvent être utilisés à partir d’un téléphone portable de première génération : portemonnaie électronique, virements (plus de 80% des transactions) et paiements mobiles. Car, contrairement aux pays occidentaux, l’objectif de ces applications n’est pas de diversifier une offre bancaire déjà très complète, mais de permettre aux personnes non bancarisées – elles sont 2,5 à 3 milliards dans le monde – d’avoir accès aux services financiers de base. Etant donné que plus de la moitié d’entre elles possèdent un téléphone portable, que les opérateurs de téléphonie mobile dans les pays émergents ont une présence très forte dans les zones rurales, que la pénétration du téléphone portable y est supérieure à celle d’Internet et que les banques n’ont pas (encore) trouvé de modèle pour offrir leurs services à faible coût aux personnes les plus démunies, la technologie mobile est sans doute la plus adaptée à ce jour.

Et l’enjeu est énorme. Ces services de paiements mobiles permettent de diminuer le cash en circulation et donc d’augmenter la sécurité. De plus, ils peuvent être un soutien à la croissance de ces pays. Car d’autres services, comme la microfinance, l’épargne et la microassurance, pourraient venir se greffer aux offres existantes. Les personnes les plus démunies pourraient ainsi avoir plus facilement accès au crédit comme vecteur de développement. Au bénéfice de tous.

François Coupienne
Branchless & Mobile Banking Specialist UN Capital Development Fund

04/02/2009