Paradoxale

La situation est pour le moins paradoxale : l’opinion publique et nombre de décideurs politiques se montrent très méfiants à l’égard des marchés financiers alors que notre économie moderne ne pourrait pas fonctionner longtemps sans eux. C’est en effet sur les marchés financiers que les initiatives et projets nécessitant un financement rencontrent les épargnants ayant un surcroît de capitaux.

Les marchés financiers remplissent plusieurs fonctions essentielles dans l’économie. Ils contribuent au financement de projets et permettent aussi aux investisseurs de répartir les risques sur plusieurs actifs, secteurs, voire pays. Sans les marchés financiers, l’investisseur serait toujours lié à l’échéance de ses investissements. Grâce à eux, l’investisseur qui souhaite rendre son investissement à nouveau liquide peut négocier ses actifs de manière à trouver le juste équilibre pour son portefeuille d’investissements.

En outre, les marchés financiers attribuent une valorisation à tous les actifs qui y sont négociés, ce qui permet aux investisseurs comme aux épargnants de juger si leurs investissements évoluent positivement et d’identifier les opportunités d’investissement. Les marchés financiers ont-ils été parfaits ces dernières années ? Certes non. Mais les bulles financières sont un phénomène vieux comme le monde. Au 17e siècle déjà, les places financières ont connu la bulle des tulipes. En 2000, celle des actions internet et en 2007, celle de l’immobilier, aux États-Unis. Ces bulles spéculatives sapent la confiance des marchés financiers ; c’est la raison pour laquelle il faut les éviter dans la mesure du possible. À cet égard, les Banques centrales peuvent jouer un rôle important.

Elles peuvent ouvrir ou fermer les vannes monétaires et de cette façon, encourager ou freiner les bulles spéculatives. C’est un exercice d’équilibre difficile. La Banque centrale conserve-t-elle les taux à un niveau élevé ? Dans ce cas, les bulles seront moins nombreuses mais la croissance économique sera plus lente. Si elle les maintient à un faible niveau, le risque de bulles s’accroît mais l’économie tourne mieux. Il est essentiel, quoi qu’il en soit, de restaurer la confiance de l’opinion publique dans les marchés financiers.

Car il faut aussi savoir que les marchés ont un impact direct sur notre vie quotidienne. Nous utilisons tous ces marchés – parfois même sans le savoir – lorsque nous contractons une assurance incendie pour notre maison, lorsque nous versons une prime dans notre assurance groupe, que nous souscrivons un emprunt hypothécaire ou que notre entreprise souhaite investir ou exporter. Chacun est à sa manière un maillon du marché financier. Les marchés financiers, c’est nous.

26/06/2014