La salle de marché ce n’est pas comme au cinéma

L’image de la salle de marché véhiculée par les films ne correspond plus à la réalité.

Les salles de marché des banques belges ont subi une transformation fondamentale ces cinq dernières années. « En salle de marché, nous travaillons exclusivement au service de nos clients », déclare Frédéric Van Gheluwe, Head of Capital Markets chez BNP Paribas Fortis. « Nous développons et proposons trois grands groupes de produits : financement, couverture et investissement. En d’autres termes, nous répondons aux besoins de financement des entreprises, nous couvrons les risques de taux et de change, et nous proposons des produits d’investissement. » Pour mener à bien ces activités, la salle de marché de BNP Paribas Fortis repose sur deux grands métiers.

D’abord et avant tout, il y a les collaborateurs commerciaux, ou ‘Sales’. Ils sont en contact soit directement avec les clients – principalement des entreprises, mais également des acteurs institutionnels comme des gestionnaires de fortunes ou des fonds de pension –, soit avec les chargés de relation d’autres entités de la banque, eux-mêmes en contact avec les clients. Ensuite, il y a les ‘Traders’, qui gèrent et couvrent les risques.

Prenons l’exemple d’un importateur européen de produits américains. Ses revenus sont libellés en euros, ses dépenses, en dollars. Il doit donc vendre des euros et acheter des dollars pour payer ses fournisseurs. En fonction de sa politique de couverture, de l’évolution du cours de l’euro face au dollar et des perspectives du marché, il va contacter des contreparties pour vendre des euros et acheter des dollars.

Et c’est là qu’interviennent les traders de la banque, qui font office d’intermédiaires chargés du transit du risque via la banque et du traitement le plus rapide possible des transactions sur le marché. Les salles de marché sont-elles peuplées de petits bonshommes surexcités, avec trois téléphones à la main en permanence ? Frédéric Van Gheluwe réfute cette image caricaturale que renvoient les films américains : « Nous n’avons qu’un seul téléphone, c’est suffisant. La plupart des transactions se font d’ailleurs par écrans interposés. »

10/06/2014