Tutorat: le succès de la recette anti-échec

Avec son programme de tutorat mis en place voici un quart de siècle, l’ASBL Schola ULB agit en faveur de la réussite scolaire dans le primaire et le secondaire en Région de Bruxelles-Capitale. Sa force? La gratuité de l’offre grâce notamment à l’aide du Fonds Venture Philanthropy de la Fondation Roi Baudouin.

Le programme Tutorat de Schola ULB a une double finalité: aider les jeunes en difficulté scolaire et redonner le goût de l’école et de l’apprentissage aux élèves en décrochage en leur proposant une alternative à l’éternel cours particulier. Comment? Les jeunes sont réunis au sein même de l’établissement, durant une heure et demie ou deux heures chaque semaine, en petits groupes de trois à huit élèves répartis par niveau et par matière, mathématiques en tête. Le tutorat est confié à des tuteurs formés et provenant d’universités ou de hautes écoles. Entièrement gratuit, ce programme est scindé en deux modules, d’octobre à décembre et de février à mai.

 

Le tutorat coûte 125 euros par élève chaque année, contre 6.000 euros pour un élève qui redouble.

Claire Sourdin, Schola

Une demande en croissance

Avec ce programme de tutorat, Schola ULB propose une véritable solution pour lutter contre le redoublement. “Le tutorat coûte 125 euros par élève chaque année, contre 6.000 à 10.000 euros par an pour un seul élève qui redouble”, compare Claire Sourdin, coordinatrice de l’ASBL. L’association, une référence en matière de tutorat à Bruxelles, représente le plus important dispositif de ce type en Belgique. “Et la demande de tutorat ne fait que croître”, ajoute Claire Sourdin.

PUBLISHING - TIJD ECHO CONNECT - BNK BNQ - Schola
Manon et Lucas, aujourd’hui en rhéto, ont participé au programme Tutorat: “On est plus à l’aise avec le tuteur qu’avec un professeur.” © Christophe Ketels

Depuis la naissance du Programme Tutorat en 1990, plus de 26.000 élèves ont bénéficié de ce projet. L’an dernier, Manon et Lucas, aujourd’hui en rhéto, y ont participé. “Au départ, je me suis inscrit au premier module pour obtenir une aide et me rassurer”, indique Lucas. “Finalement, j’y suis allé toute l’année! On est plus à l’aise avec le tuteur qu’avec un professeur. On ose davantage poser des questions, on se sent plus libre.” Plutôt bonne élève, Manon avait elle aussi besoin d’être rassurée: “Pour moi, c’était logique de s’inscrire. Plutôt que de galérer aux examens, je préfère rester à l’école un peu plus longtemps chaque semaine pour travailler. À mes yeux, c’est aussi sérieux qu’un cours, la pression en moins!” Manon et Lucas font partie des 1.247 élèves qui ont profité du programme en 2015.

Pour superviser ces jeunes, plus de 166 étudiants-tuteurs ont été nécessaires, parmi lesquels Sacha, 22 ans, étudiant en 3e année de bachelier ingénieur civil à l’ULB. “J’ai fait ma scolarité dans le Brabant wallon et je n’ai pas eu la chance d’avoir accès à un programme tel que celui-ci. J’étais bon en classe, j’avais plutôt des soucis pour être présent, sociable. Cela m’aurait aidé, je pense.” Devant des classes un peu timides, Sacha, détendu et souriant, explique son rôle. Tuteur depuis trois ans, il porte haut les valeurs de l’ASBL: “Le soutien scolaire que nous proposons n’est pas un cours. Nous nous plaçons dans une relation de confiance. Je suis aussi présent pour répondre à leurs questions sur les études supérieures. La clé, c’est de savoir cibler les besoins de chacun et de ne pas leur donner simplement un cours ‘bis’.”

Investissements à long terme

Pour atteindre ces objectifs, Claire Sourdin souligne l’importance des soutiens financiers. “Chaque année, nous adressons une demande de subsides à plusieurs organismes. Pour la seconde fois, nous avons reçu une aide du Fonds Venture Philanthropy de la Fondation Roi Baudouin et de BNP Paribas Fortis. Un certain nombre d’investisseurs privés se sont avérés décisifs pour le développement du projet. Cependant, tout ceci doit se pérenniser, se développer. Peu importe l’apport, modeste ou non: notre ASBL privilégie les investissements à long terme. Nous préférons un investisseur qui nous verse une somme modique chaque année, à des investissements ponctuels, parce que les aides régulières permettent de construire un projet dans la durée et de se projeter dans l’avenir.

20/10/2016
asbl Schola, Fondation Roi Baudouin, tutorat, Venture Philanthropy Fund