Témoignages – L’investissement durable pour tous

Grâce aux fonds ISR, le marché des investissements durables est accessible à tous. Des investisseurs témoignent.

“Nous donnons le bon exemple à nos membres”

Peter Van Biesbroeck

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RV

Peter Van Biesbroeck est directeur général du Voka-Chambre de commerce du Brabant flamand. Il a lui aussi opté pour des investissements durables. “En tant qu’organisation d’entrepreneurs et de défense de leurs intérêts, le Voka-Chambre du commerce du Brabant flamand attache une grande importance à sa responsabilité d’entreprise. Nous voulons défendre des valeurs durables et les promouvoir auprès de nos membres. Et il n’est pas question de se contenter de beaux discours: nous donnons aussi le bon exemple! Nous avons investi dans un fonds ISR une partie du ‘trésor de guerre’ que l’organisation s’est constitué au fil des ans. Ce fonds se compose d’obligations et d’actions d’entreprises qui satisfont à plusieurs critères de durabilité. Une ASBL comme la nôtre n’est bien entendu pas un grand investisseur, mais nous tentons ainsi de soutenir des entreprises qui cultivent les valeurs que nous jugeons adéquates.” “Bien sûr, nous voulons être prudents avec le bas de laine constitué par nos prédécesseurs. C’est pourquoi nous avons choisi un fonds ISR doté d’une approche défensive. Les investissements sont diversifiés dans le monde entier et dans des secteurs non traditionnels, tels que l’énergie et la mobilité durables. Ils comprennent également des start-ups qui cherchent davantage à jouer un rôle social qu’à atteindre de purs objectifs financiers. Les entreprises adeptes d’une vision durable à long terme jouissent d’un avenir plus prometteur. Les résultats le confirment déjà. En tant qu’investisseur, vous pouvez en récolter les fruits. La seule condition est d’avoir vous aussi un horizon à long terme.”

 

“Les investisseurs ont une responsabilité morale”

Xavier Vanpoucke

© BELGAIMAGE

Voici deux ans, Xavier Vanpoucke, ancien trader en matières premières à Londres, a commencé une nouvelle vie. De retour en Belgique et après un temps de réflexion il s’est mis à investir activement dans les investissements socialement responsables (ISR). Il vient récemment avec deux amis de lancer une coopérative agricole à finalité sociale, active notamment dans l’éco-maraîchage sur un terrain agricole qui fera l’objet d’un aménagement en permaculture dans les mois à venir. “À mes yeux, tous les signaux convergent: il faut changer profondément nos manières d’agir, car le monde craque de tous côtés”, assure-t-il. “Les fractures sociales se creusent. Et l’impact climatique s’approche de l’irrattrapable. Le livre de Thomas Piketty, Le Capital au XXIe siècle, m’a convaincu de la responsabilité de l’application libérale du capitalisme dans l’augmentation de l’inégalité des richesses. Les investisseurs ont une responsabilité morale, ils doivent montrer l’exemple. Et notamment s’éloigner des propositions commerciales dont le gain est la seule raison d’être au détriment du bien-être des personnes et du respect de l’environnement.” L’investisseurentrepreneur de 42 ans a changé son fusil d’épaule ces deux dernières années : il épluche donc les rapports d’activité, fouille audelà des effets d’annonce, déplore le manque de transparence et l’absence de certification indépendante. “Je me tourne de plus en plus vers le Social Impact Investing qui change vraiment la vie des gens. Par exemple en soutenant de petites entreprises locales qui, parce qu’elles ne sont pas cotées, échappent au radar des investisseurs.” Qu’en est-il des rendements, même s’ils sont loin de constituer son critère principal? “En Asie et en Europe, les ISR tendent à surperformer depuis quelques années. Je suis peutêtre naïf, mais je crois qu’une entreprise ‘bienfaisante’ sera in fine plus rentable qu’une firme qui ne cherche que le profit.”

 

L’investissement durable à la portée de tous

Jozef Roobrouck

www.franktoussaint.be,Jo roobrouck-BNK
© Frank Toussaint

Jozef Roobrouck (Lede) a choisi d’investir une partie de son capital de manière durable. “Voici 35 ans, jeune entrepreneur, je m’étais déjà constitué quelques économies et je recherchais un surcroît de rendement. À l’époque, il n’était pas encore question d’ISR. J’ai toutefois expliqué à mon banquier que je ne voulais pas investir dans des entreprises polluantes ou socialement irresponsables. Peu de temps auparavant, j’avais découvert par hasard que j’avais investi dans un producteur de cigarettes. Depuis, je veux savoir ce que j’achète! Aujourd’hui, une partie de mon patrimoine est investie dans des fonds durables. Pas la totalité, car l’être humain est naturellement tenté par les extrêmes. La voie médiane me semblait plus raisonnable.” “L’approche ISR m’intéresse pour plusieurs raisons: parce qu’elle me permet d’investir dans des projets qui ont un impact sur l’environnement et la société dans de grandes régions du monde, pour le caractère humain de ces investissements et pour l’attention portée aux technologies innovantes à moyen et long termes. Ces entreprises peuvent vraiment enclencher un renversement de tendance en matière d’environnement, d’emploi et d’éthique. De telles solutions à long terme doivent remplacer le court-termisme et la recherche de gains rapides. En outre, le rendement des fonds ISR est équivalent à celui d’autres investissements. Cela finit de me convaincre qu’il s’agit de bons investissements pour l’avenir.”

20/10/2016