L’argent s’active, exemples inspirants

L’épargne s’active, et ce, de plusieurs manières. Quatre exemples inspirants d’argent investi qui a rapporté à l’économie belge et aux investisseurs.

“Investir comme Albert Frère”

L. était pharmacien, F. laborantine. Aujourd’hui, ces septuagénaires de Merelbeke investissent davantage en actions qu’auparavant. Et suivent les marchés de près. “La diversification est essentielle pour limiter le risque d’un portefeuille. C’est pourquoi nous investissons nos économies à la fois en actions et en obligations, dans des titres individuels ainsi que via des fonds. Bien entendu, les obligations d’entreprise sont également liées à des firmes spécifiques, mais elles sont moins tributaires des fluctuations de la Bourse. Nous limitons nos investissements à un montant allant de 2.500 à 5.000 euros par entreprise: notre portefeuille est ainsi moins sensible à d’éventuelles mauvaises surprises.” “Au fil des ans, nous avons adapté notre comportement en matière d’épargne et d’investissement. Bien que nous soyons un peu plus âgés, nous investissons aujourd’hui davantage en actions et moins en produits à revenus fixes. Nous n’avons guère le choix: les livrets d’épargne et les comptes à terme ne rapportent presque plus rien. Nous sommes dès lors disposés à courir davantage de risques en échange d’un rendement potentiel plus élevé. Mais nous reviendrons sans doute sur cette stratégie si les taux se redressent.” “Bien que nous fassions appel aux services de Private Banking de notre banque, nous suivons également les marchés nous-mêmes, via les journaux et toutes sortes de sites financiers. Lorsque notre banquier privé nous recommande une action sur la base d’une analyse d’entreprise ou d’un contexte économique donné, nous consultons toujours l’historique du cours des années écoulées. L’action est à son sommet? Nous passons notre tour. C’est une leçon que nous avons apprise d’Albert Frère.”

 

“Soutenir les start-up”

Patrick Van Der Perre, un manager de 57 ans, ne jure que par une diversification poussée des risques de son épargne. Cette stratégie l’amène également à investir dans des start-up prometteuses. “La diversification est une exigence absolue pour maintenir sous contrôle le risque d’un portefeuille. J’ai pu m’en rendre compte lors de la crise financière de 2008. Je varie énormément mes investissements: fonds, obligations, actions, produits d’assurances, etc. Mais j’investis aussi dans différents secteurs et régions du monde. Plusieurs fois par an, je parcours toutes mes positions avec mon banquier privé. Et nous retouchons le portefeuille afin d’exploiter d’éventuelles opportunités.” “L’an dernier, mon banquier privé m’a mis en contact avec Be Angels, une plateforme qui réunit des entrepreneurs débutants et des investisseurs. Elle dépasse largement le simple aspect financier: il s’agit non seulement d’investir une partie de ses fonds propres dans une startup, mais aussi de donner à celle-ci des conseils concernant la gestion d’une jeune entreprise. Les entrepreneurs débutants bénéficient ainsi d’un capital de départ et de l’expertise de chefs d’entreprise et de managers expérimentés.” “Le risque demeure nettement supérieur à celui d’un investissement en actions. De nombreuses start-up disparaissent dans les cinq ans après leur création. Le rendement varie entre ‘tout perdre’ et ‘récupérer plusieurs fois sa mise’. Car si le produit ou service de la jeune entreprise marche ou que la start-up est rachetée les rendements peuvent prendre des proportions énormes. Ma motivation personnelle, cependant, réside dans l’aide que je peux apporter à de jeunes entrepreneurs davantage que dans le rendement financier.”

 

Des entreprises qui naissent sur les décombres du passé

Les contrecoups économiques peuvent être une source de croissance si on les gère correctement. Dans le Limbourg, LRM montre la voie.

Lorsque le géant de l’électronique Philips a fermé son site de Hasselt en 2002, ce sont 1.450 emplois qui ont disparu. Grâce à la société d’investissement limbourgeoise LRM, le site est aujourd’hui un pôle d’attraction pour les entreprises ICT et high-tech. Fort de 200 entreprises et de 3.000 emplois, ce campus est toujours en pleine expansion. LRM peut se targuer d’un joli palmarès lorsqu’il s’agit de rebondir après un coup dur.

C’est d’ailleurs inscrit dans son ADN. En 1994, elle a été dotée d’un capital de départ de 250 millions d’euros provenant du budget public prévu pour les Kempense Steenkoolmijnen, les charbonnages campinois. Sa mission? Investir dans des secteurs d’avenir et de croissance et trouver de nouvelles destinations pour les anciens sites miniers. La société d’investissement limbourgeoise a abattu un travail considérable sur ces deux fronts. Elle collabore avec des partenaires au sein de neuf incubateurs autour de thèmes comme l’ICT, l’énergie, la santé et les soins. Depuis 1999, elle a investi pour 516 millions d’euros dans 266 entreprises. LRM a aujourd’hui environ 180 entreprises et projets en portefeuille, pour un total de 12.000 emplois. Ces investissements profitent aux Limbourgeois et, plus globalement, à la Région flamande. En tant qu’actionnaire, en effet, celle-ci a reçu quelque 300 millions d’euros de dividendes entre 1999 et 2016.

 

De l’argent pour des emplois

Invest for Jobs investit dans des entreprises belges en quête de capital de croissance. À condition qu’elles l’utilisent pour créer des emplois.

 

“Lorsque je vois le nombre de dossiers qui me parviennent, j’ai l’impression qu’il faut en faire beaucoup plus encore pour mieux ancrer nos entreprises en Belgique”, affirme Eric Jonkers, Managing Director d’un nouveau fonds d’investissement créé par les syndicats et les employeurs du secteur métallurgique.

Invest for Jobs, qui a récemment été lancé avec quelque 100 millions d’euros en caisse, veut montrer que c’est possible en investissant dans des entreprises belges de croissance, par exemple en entrant dans leur capital ou en sous crivant à un emprunt obligataire.

Une condition importante est cependant que l’opération ait un effet positif sur l’emploi local. Les montants investis varient entre 500.000 et 10 millions d’euros. Le fonds est ouvert à des investisseurs institutionnels, tels que les fonds de pension et les organisations patronales ou de travailleurs qui en partagent la philosophie, précise Eric Jonkers.

Fin 2016, Invest for Jobs avait déjà négocié avec plus de 50 entreprises. Si toutes ces discussions débouchent sur un investis – sement, elles créeront 1.400 nouveaux emplois.

22/02/2017