L’innovation en 7 chiffres étonnants

L’innovation a des effets parfois vertigineux sur l’économie et la société. Petite sélection parmi les plus surprenants d’entre eux.

Course aux brevets En déposant un brevet sur un nouvel appareil ou processus, son inventeur acquiert un monopole pour plusieurs années. En échange, il doit publier ses connaissances, ce qui évite aux autres entrepreneurs de consentir des investissements superflus dans des recherches similaires.

Les demandes de brevets ont explosé dans le monde, passant de près de 1 million en 1990 à plus de 2,3 millions en 2012, selon les chiffres de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle. Cet essor est surtout à mettre au crédit de la Chine. Au cours des décennies précédentes, les brevets concernaient avant tout des logiciels et de la génétique. De manière générale, 55% des demandes de brevets sont liées à l’informatique et aux télécommunications, à la santé ou aux biotechnologies.

Importance stratégique et ‘Chinnovation’

En Occident, les entreprises prennent à leur compte 60 % des efforts en recherche et développement. Les dépenses en R&D des 2.000 entreprises les plus axées sur les R&D n’ont d’ailleurs pas diminué depuis la crise financière de 2008, constate l’OCDE. Pourtant, leurs bénéfices opérationnels se sont contractés de 10 % en moyenne. En chiffres absolus, les entreprises américaines restent les premiers investisseurs mondiaux en recherche et développement. Cela dit, les efforts en R&D des entreprises chinoises ont quintuplé en 10 ans. La Chine a ainsi doublé l’UE.

Nombreux diplômes de l’enseignement supérieur, peu de scientifiques

Selon les chiffres de l’OCDE, les Belges âgés de moins de 30 ans sont plus diplômés que la moyenne. Mais la plupart des diplômes décernés relèvent de la catégorie ‘Sciences sociales, économiques et commerciales, droit, sciences humaines, art et enseignement’. Le score obtenu par notre pays pour la branche “Mathématiques, sciences et technologies” est nettement moins élevé. La proportion de diplômes de ce type dans le total des diplômes d’enseignement supérieur atteint à peine 16,6 %. C’est nettement inférieur à la moyenne européenne de 22,1 % par an. En Allemagne, en France et en Suède, elle dépasse les 25 %. La Finlande est hors catégorie avec 31,8 %.

Innover, c’est davantage que développer de nouveaux produits

De nombreuses entreprises innovantes ne font pas du tout de recherche et développement, constate l’OCDE. Elles innovent par le marketing ou en changeant l’organisation de leur fonctionnement, par exemple à l’aide de technologies déjà existantes. Ce type d’innovation est surtout important dans le secteur des services. En Europe, celui-ci représente 70 % de l’activité économique et les deux tiers de l’emploi privé. L’OCDE souligne l’importance de l’innovation dans le secteur des services pour le reste de l’économie. ‘Un tiers de la valeur ajoutée des exportations industrielles provient du secteur des services. L’innovation y est donc très importante pour la compétitivité de l’industrie.’

Le budget innovation du secteur public préservé (provisoirement)

Crise oblige, de nombreux pays ont augmenté les impôts et multiplié les coupes budgétaires. Ce phénomène menace l’innovation directement, par la contraction des budgets consacrés à la recherche, et indirectement, par une baisse de la demande due à l’augmentation de la pression fiscale, ce qui dissuade les entreprises d’investir. Si nombre d’États ont maintenu leurs budgets innovation, la discipline budgétaire pourrait changer la donne, prévient l’OCDE. Les dépenses publiques des pays riches en R&D représentaient 0,69 % du PIB en 2013, contre 0,76 % en 2008.

Capital sur pied Le ‘capital connaissances’, critère récemment développé par l’OCDE, mesure le rapport entre les travailleurs de la connaissance et le nombre total d’emplois dans une économie. Il s’agit donc des connaissances et compétences qui franchissent les portes de l’entreprise chaque jour. Ce degré de ‘capital connaissances’ varie entre 13 % et 28 % dans les pays industrialisés. Les États-Unis disposent de l’industrie manufacturière à plus forte intensité de connaissances, alors que les pays scandinaves se montrent très performants dans le secteur des services.

L’innovation collaborative au goût des grandes entreprises

Il est fréquent que les entreprises collaborent, ou prennent des licences sur d’autres inventions pour créer leurs propres innovations. Sans surprise, les grandes entreprises ont une longueur d’avance dans ce domaine. En Belgique par exemple, plus de 70 % des grandes entreprises innovantes ont collaboré avec une autre entreprise entre 2008 et 2010. Parmi les PME, ce pourcentage ne dépasse pas 40 %. Cette collaboration peut prendre la forme de l’élaboration commune d’une innovation par une entreprise et son client/fournisseur, ou d’un partenariat avec d’autres entreprises ou organisations.

09/04/2015