Capital-risque: des hormones de croissance en échange d’une participation

Vous êtes en quête de moyens supplémentaires pour lancer votre entreprise ou en financer la croissance, mais la banque refuse de vous accompagner? Vous pouvez vous tourner vers le capital-risque… si vous remplissez les conditions requises.

Le capital-risque ou venture capital (VC) est la forme de financement la plus associée aux entreprises débutantes ou ambitieuses. Elle est principalement destinée aux entreprises qui souhaitent investir dans leur croissance mais ne peuvent se tourner vers les banques en raison d’un risque trop élevé, de fonds propres trop limités ou de garanties insuffisantes. Un fonds de capital-risque injecte des capitaux dans l’entreprise et en devient actionnaire (généralement minoritaire). Cette participation est toujours temporaire. Après plusieurs années – sept en moyenne, selon l’Agence flamande pour l’entreprise – le fonds revend ses actions.

C’est la “sortie”. Celle-ci coïncide généralement avec la vente de l’entreprise dans son ensemble, mais un management buy-out ou une introduction en Bourse sont également envisageables. L’essentiel est que le capitalrisque renforce les fonds propres. En d’autres termes, le fournisseur de capi tal-risque partage entièrement le risque opérationnel. À titre de compensation, il espère enregistrer une plus-value significative à sa sortie. Cette plus-value fait office de rémunération pour son investissement. Le fournisseur de capital-risque est davantage qu’un financier, puisqu’il joue un rôle actif dans son investissement.

Généralement, des représentants du fonds de capital-risque siégeront au conseil d’administration, où ils apporteront un soutien actif au management et en contrôleront les activités. En outre, le venture capitalist dispose d’un réseau étendu auquel l’entreprise peut faire appel. Le capital-risque aide ainsi à obtenir d’autres formes de financement. Le capital-risque n’est pas adapté à toutes les entreprises. Seules celles qui présentent un potentiel de croissance suffisant entrent en considération. Et il vous faudra beaucoup d’énergie et de préparation pour attirer l’attention d’un fonds de capitalrisque. Ceux-ci demandent au minimum un plan d’affaires étayé et une preuve de bonne gestion. Le processus d’approbation s’étale souvent sur plusieurs mois. En Belgique, on trouve à la fois des sociétés publiques (PMV, LRM, etc.) et des fonds privés. Ces derniers sont le plus souvent liés à des banques ou à de grands groupes financiers.

Transformer les factures en cash

Au moins un quart des défaillances d’entreprises sont liées à des problèmes de trésorerie. Edebex, place de marché en ligne pour les factures en cours, offre une solution complémentaire aux dispositifs existants. Son fondateur et CEO, Xavier Corman, présente son mécanisme, une sorte d’affacturage “peer-to-peer” entre entreprises.

Le système bancaire de l’avance sur facture n’existe plus depuis quelques années. Dès lors, comment les sociétés peuvent-elles rentabiliser ponctuellement leurs factures ouvertes non arrivées à échéance? L’affacturage (factoring) implique un engagement sur l’ensemble des factures, qui ne convient pas à toutes les firmes. C’est ce constat qui a incité Xavier Corman à fonder Edebex. Sur cette plateforme réservée aux entreprises, une société A peut céder à une société B une facture, afin de disposer d’un surcroît de trésorerie. Un exemple? Pour une créance de 12.500 euros arrivant à échéance dans 45 jours, la société A reçoit 12.302 euros dans les 72 h. Le tout sans devoir présenter de dossier de crédit, de caution, ni de garantie, et sans engagement sur le volume. “Le prix dépend, bien entendu, de l’éloignement de l’échéance et du risque présenté par le débiteur”, déclare Xavier Corman. “Ce risque, nous l’évaluons à partir des données de notre partenaire, l’assureur- crédit Euler Hermes.

Un algorithme développé par nos soins propose un prix de rachat à la société B, qui est libre de l’utiliser ou non.” Les acheteurs sont généralement des TPE et PME, “qui, contrairement à ce que l’on pense, disposent au total de milliards de liquidités!”, lance le chef d’entreprise. Leurs fonds ne sont donc bloqués que quelques semaines, et la rentabilité reste bonne, surtout au vu de celle affichée en ce moment par les marchés. “Outre la mise en relation, nous nous chargeons de sécuriser la transaction: nous contactons le débiteur, qui donne son accord écrit, confirmant le montant, l’échéance et le fait que la prestation soit terminée ou la marchandise livrée”, reprend le CEO. “Et nous souscrivons automatiquement une assurance-crédit: en cas de défaut de paiement, vous êtes assuré de toucher 70 à 90% du montant concerné, en fonction du risque du débiteur.” Généralement, les vendeurs de créances sont des TPE disposant de créances sur des grands comptes. Tous les secteurs sont concernés. Le montant moyen des factures est 15.000 euros, l’échéance moyenne de 45 jours. Adhérer à la plateforme coûte 150 euros par an, auxquels il faut ajouter 25 euros par facture, et une commission de 2,75% de son montant.

PRÊT GAGNANT-GAGNANT: LE CRÉDIT DES PARTICULIERS

Avec le Prêt gagnant-gagnant, le gouvernement flamand entend encourager les particuliers à mettre des ressources financières à la disposition des PME. Bien qu’initialement créé pour soutenir les entreprises qui démarrent, depuis 2011, toute PME dont le siège d’exploitation est établi en Flandre peut solliciter ce type de prêt qui connaît, depuis lors, un grand succès. Plusieurs conditions doivent cependant être remplies. Le prêt a notamment une durée fixe de huit ans et est par définition subordonné. En cas de faillite, le créancier est donc presque certain de perdre sa mise. Pour adoucir la pilule, la Flandre a prévu une réduction d’impôts unique de 30% sur le montant non remboursé. Les PME peuvent emprunter un maximum de 200.000 euros par ce biais, mais auprès de plusieurs créanciers. Les particuliers ne peuvent en effet prêter plus de 50.000 euros. Le taux d’intérêt est lui aussi limité, même si les créanciers sont gratifiés d’une réduction d’impôts annuelle de 2,5% sur le montant ouvert.

 

15/07/2015