Que fait la banque de votre épargne ?

Les Belges comptent parmi les plus grands épargnants au monde. Dans notre pays, le ménage moyen dispose d’un patrimoine de 446.000 euros, dont 213.000 euros de liquidités. Il est dès lors probable que, vous aussi, vous ayez constitué une coquette épargne. Comment votre banque utilise-t-elle ces capitaux.

L’essentiel des dépôts est affecté par la banque à l’octroi de crédits sous toutes les formes : emprunts à court terme, emprunts à long terme, crédits à la consommation, emprunts hypothécaires, crédits d’investissement aux entreprises, etc.

Quand le volume des dépôts placés en banque dépasse celui des crédits octroyés, ces excédents sont investis à court terme. Dans ce cadre, les banques privilégient les produits sûrs tels que les obligations d’État ou les investissements dans une Banque centrale. Quand les demandes de crédits sont à nouveau plus nombreuses, cet argent peut être débloqué rapidement.

Quand une banque accorde plus de crédits qu’elle n’enregistre de dépôts, elle peut également emprunter, par exemple auprès d’une autre banque ou d’une Banque centrale.

Dans la mesure où chaque épargnant ou emprunteur a ses exigences, les échéances des dépôts et crédits sont différentes. Cela dit, la banque doit pouvoir honorer ses engagements à tout moment. Pour ça, elle s’assurera de disposer de suffisamment de liquidités. Le seuil minimum de liquidités dont elle doit disposer en permanence est fixé par l’organe de contrôle du secteur.

Les fluctuations des taux constituent un autre type de risque. Du fait que l’argent de l’épargne est essentiellement investi sur le court terme et que de très nombreux crédits sont octroyés pour le long terme, ces taux varient. Actuellement, ce risque est très faible, car la courbe des taux est particulièrement plate. Quand les taux sont moins stables, la donne change. Le risque de fluctuation des taux est géré par la banque, notamment via des instruments de couverture.

Le taux proposé sur les dépôts n’est qu’en partie déterminé par la banque elle-même. Tout d’abord, la banque doit se soumettre à la stratégie monétaire de la Banque centrale européenne. La quantité de dépôts dont la banque dispose joue également un rôle. Enfin, la banque doit aussi tenir compte de la situation du marché : quel taux offre la concurrence ? Quel taux les épargnants peuvent-ils obtenir sur des bons de caisse ou des obligations d’État ? L’organisme bancaire doit aussi considérer ses propres frais, parmi lesquels figurent les intérêts versés aux détenteurs de dépôts, les salaires, les investissements en informatique et les coûts structurels, les frais de couverture des risques (crédits non remboursés), les impôts et le dividende reversé aux actionnaires.

L’argent sur un livret d’épargne est à disposition alors que les crédits sont remboursés à rythme constant. Le risque de ce système est le manque temporaire de liquidités. En cas de « bank run », la banque peut même faire faillite. En revanche, l’épargne à long terme est beaucoup plus intéressante pour une banque.

06/01/2014