Épargner et investir: un peu d’histoire

Naissance de la théorie financière

En 1202, le mathématicien italien Leonardo Fibonacci écrit Liber Abaci (Le Livre des Calculs). Un livre qui a non seulement introduit les chiffres de 0 à 9 en Europe, mais qui a aussi expliqué les concepts de marges bénéficiaires, la manière d’obtenir la valeur actuelle de flux monétaires futurs et le calcul des mensualités d’un emprunt. C’est l’oeuvre première des adeptes de la Bourse.

La Bourse, une primeur belge

La Beursplein de Bruges est le premier lieu où ont été notés les cours de change des grands centres commerciaux du monde, sur la base desquels les transactions commerciales étaient conclues. Vers 1400, la place était le rendez-vous des grands marchands. Aller « Ter Buerze » était synonyme de « réaliser des transactions financières ». Voilà comment le terme de « Bourse » a conquis le monde.

Le premier grand scandale boursier

Il y a environ 300 ans, la South Sea Company (SSC) était l’entreprise cotée en Bourse la plus populaire du monde. Son activité principale était le financement du transport des esclaves africains. La SSC était une pyramide de Ponzi : les nouveaux investisseurs finançaient les gains boursiers des investisseurs existants. En 1720, le scandale éclate, ruinant jusqu’aux plus grands cerveaux de l’époque, comme Isaac Newton.

Les fondations de la théorie financière

En 1900, Louis Bachelier, un jeune français, rédige une thèse de doctorat, Théorie de la Spéculation, dans laquelle il pose les bases des principaux éléments de la science financière. Même la théorie de la relativité, qui fera la légende d’Einstein en 1905, s’y trouvait. Hélas, Bachelier se concentre sur les mouvements des cours de Bourse et non des particules, et tombe rapidement dans l’oubli.

Prix Nobel pour Fama et Shiller

Eugene Fama et Robert Shiller ont reçu le prix Nobel d’économie. Le comité a voulu rendre hommage à la Bourse en distinguant deux « pionniers des cours de Bourse ». Fama affirme que le marché ne peut être ni battu, ni prévu. Shiller souligne que la Bourse est le jouet d’instincts irrationnels. Qui a raison ? Tous les deux. Personne ne peut prédire l’évolution des cours de Bourse à court terme (Fama), mais lorsque la valeur boursière s’écarte exagérément de la « juste » valeur ou de la valeur intrinsèque des actions, une correction est inévitable (Shiller).

Buffett rachète Berkshire Hathaway

« L’argent crée de l’argent. Et l’argent que crée cet argent crée encore plus d’argent. » Encore une citation de Benjamin Franklin que personne n’a mieux mise en pratique que Warren Buffett, la plus grande machine productrice d’argent de l’histoire récente. En 1965, il rachète une entreprise textile en difficulté, Berkshire Hathaway, pour en faire son véhicule d’investissement avec une valeur de départ de 3.000 dollars. Aujourd’hui, elle vaut 285 milliards de dollars, à peu près autant que Microsoft et Google, et figure parmi les cinq entreprises les plus valorisées au monde.

La force du réinvestissement

« La force la plus puissante de l’univers est celle de l’intérêt composé », a déclaré Albert Einstein. Plus un capital peut produire d’intérêts sur les intérêts issus d’intérêts, plus cette force s’amplifie. Une personne qui investit 5.000 euros à un taux de 8% par an à 20 ans disposera de 160.000 euros à 65 ans. Celle qui, à 39 ans, place ce même montant au même taux disposera de seulement 40.000 euros à 65 ans. La puissance du réinvestissement systématique a été traduite en théories et formules par un certain John Burr Williams en 1938.

Time is money

« Le temps, c’est de l’argent » était la devise de Benjamin Franklin. Ce grand leader politique du XVIIIe siècle fut aussi le premier éditeur d’une sorte de journal financier. Ce n’est qu’en 1930 que l’économiste Irving Fisher explique pourquoi la valeur de l’argent est fonction du temps. Il définit la notion d’intérêts comme étant « à la fois l’expression de l’impatience à consommer tout de suite et l’opportunité d’accroître ses revenus en différant la consommation. »

10/12/2013