Édito

Épargnants et investisseurs répugnent encore à prendre toute forme de risque. La simple idée d’investir en actions les terrifie. Ils préfèrent parquer leurs capitaux sur des comptes d’épargne. Cependant, certains investisseurs ont une idée biaisée des risques qu’ils prennent.

Le champ de ruines laissé par la crise de 2008 n’y est sans doute pas étranger. Et nous sommes nombreux à manquer de confiance en l’avenir, un état d’esprit qui se reflète aussi dans la manière dont nous épargnons et investissons. Les considérations à court terme relèguent au second plan les visions à long terme. Comme l’épargne doit avant tout être disponible, le fameux « effet de Ricardo » fait son oeuvre : nous épargnons de plus en plus massivement à mesure que la dette publique augmente, car nous savons que, tôt ou tard, la facture nous sera présentée sous la forme d’une augmentation des impôts. La crise et l’aversion au risque sont donc toujours là.

Pourtant, les entreprises ont un grand besoin de capital-risque pour investir, pour créer des emplois et, ainsi, relancer l’économie. Dès lors, il est crucial de réconcilier les Belges et la Bourse. Les autorités doivent tout mettre en oeuvre pour encourager les investissements dans le capital-risque. Par exemple, en associant un avantage fiscal aux investissements en actions ou en fonds de placement. L’idée d’étendre l’exonération fiscale prévue pour le compte d’épargne à d’autres actifs, dont les actions, est déjà un pas dans la bonne direction.

Mais ce n’est pas suffisant, car ceux qui parquent leur argent sur un compte d’épargne prennent moins de risques que ceux qui achètent une action. Et ceux qui prennent plus de risques devraient bénéficier d’un avantage fiscal plus important. Naturellement, l’État doit y associer des conditions. Ainsi la très réussie loi Cooreman-De Clercq de 1982 prévoyait- elle une réduction d’impôt pour ceux qui achetaient de nouvelles actions et les conservaient au moins cinq ans. De tels critères ne peuvent que profiter aux investissements en actions durables.

De ce point de vue, il est très regrettable que l’État ait récemment relevé la taxe boursière et le précompte mobilier. Car ce n’est pas de cette manière que l’on rendra les investissements en actions plus attrayants. Or ceux-ci sont indispensables.

06/01/2014