Trois milliards de clients à portée de clic

Nous sommes au cœur d’une révolution numérique. Et nous faisons face au plus grand défi de notre histoire: réinventer le monde, et notamment la manière dont nous entreprenons, sur la base de cette nouvelle réalité.

Dans une attitude typiquement belge, les entreprises ne voient pas plus loin que les questions liées à cette révolution numérique: “Combien cela coûtera-t-il? Et comment l’expliquer à mes salariés?” Nous exigeons des réponses à toutes ces questions avant de nous mettre à pied d’œuvre.

Malheureusement, nous n’avons pas le temps de chercher ces réponses. Nous vivons dans un monde où l’on apprend sur le tas, où il faut tomber pour se relever, où l’on se lance avant de corriger la trajectoire. C’est l’approche des leaders technologiques américains et asiatiques. Et ceux qui ne suivent pas n’auront pas voix au chapitre: ils seront irrémédiablement submergés.

“D’ICI A 2020, LA BELGIQUE POURRAIT CREER 300.000 EMPLOIS NETS POUR PEU QUE NOUS JOUIONS PLEINEMENT LA CARTE DE LA NUMERISATION.”
Thierry Geerts, Google Belgique

Nous devons donc embrasser pleinement ce futur numérique. Notre objectif? Devenir des “Digital Frontrunners” et exploiter les opportunités de l’internet. Pour avancer, nous devons investir plus rapidement dans les compétences numériques. Les conditions préalables sont remplies: un immense vivier de talents, un internet très développé et une quantité considérable d’argent sur les comptes d’épargne. Il nous manque la vision et l’ambition.

Est-il trop tard? Pas du tout, car cette (r)évolution en est à ses débuts. Aujourd’hui, 3 milliards de personnes sont connectées à l’internet; en 2020, elles seront environ 5 milliards. Nous n’en sommes encore qu’à l’aube de l’internet, et il n’est certainement pas trop tard pour sauter dans le bon wagon.

Lisez aussi: ‘Une nouvelle ère pour les entrepreneurs

Dans son rapport Digitizing Belgium, le Boston Consulting Group a calculé que la Belgique pourrait créer 300.000 emplois nets d’ici à 2022 pour peu que nous jouions pleinement la carte de la numérisation. Il ne s’agit pas uniquement de “jobs numériques” dans des start-up pointues.

La numérisation favorise l’efficacité et donc la compétitivité de toute notre économie, ce qui permet la création d’emplois dans de nombreux secteurs. Mais les travailleurs doivent dès aujourd’hui bénéficier de formations leur permettant de maîtriser le numérique. Nous devons introduire de toute urgence des formations adaptées dans notre système d’enseignement, du primaire aux formations continues pour adultes.

“LES ‘JOBS NUMERIQUES’ NE SE LIMITENT PAS AUX START-UP POINTUES.”
Thierry Geerts, Google Belgique

Autre point important pour réaliser cette ambition: l’e-commerce. Si les Belges achètent beaucoup en ligne, ils le font en majorité auprès d’entreprises étrangères. C’est un problème fondamental pour notre économie.

Nos entreprises doivent penser davantage à l’exportation. Pourquoi un magasin de pralines à Bruxelles ne vendrait-il pas ses produits au Japon ou au Venezuela? Trois milliards de clients potentiels se trouvent à portée de clic.

“POURQUOI UN MAGASIN DE PRALINES A BRUXELLES NE VENDRAIT-IL PAS SES PRODUITS AU JAPON OU AU VENEZUELA?”
Thierry Geerts, Google Belgique

La Belgique a joué un rôle pionnier dans la précédente révolution industrielle. À l’époque de l’Exposition universelle de 1958, Bruxelles était l’épicentre du monde. Cela explique notre énorme croissance des années 60. La Flandre a réédité ce tour de force avec “Flanders Technology” dans les années 80, et c’est à cette initiative que nous devons notre industrie innovante et performante, ainsi que des joyaux comme Telenet et IMEC. Aujourd’hui, nous avons besoin d’une approche tout aussi ambitieuse.

Mais surtout, agissons. Et maintenant. Car il n’y a jamais eu d’époque plus propice à l’entrepreneuriat.

Thierry Geerts,
Country Director pour la Belgique chez Google

Thierry Geerts, Google Belgique
30/07/2017