Le crédit est un investissement

« Le crédit, ce n’est pas de l’argent pour faire de l’argent, mais un moyen d’investir à long terme. Pour créer de l’emploi », insiste Stanislas de Broqueville, président de la SA Diwood.

«Deux éléments sont essentiels pour créer une entreprise : des fonds propres et du crédit. » Stanislas de Broqueville sait de quoi il parle. Fort d’une longue carrière d’entrepreneur, il préside aujourd’hui Diwood, une société qui regroupe trois usines actives dans la production de pellets (combustible à base de granulés de bois).

L’une d’elles, Seco-Bois, se trouve à Mariembourg ; les deux autres en France. Le groupe a créé près de 80 emplois. Développer cette activité industrielle a nécessité de gros investissements. « Pour l’usine de Mariembourg, nous avons investi 7 millions d’euros, dont 20 % environ de fonds propres. Le reste a fait l’objet de crédits d’investissement. Pour l’essentiel, nous avons eu recours au leasing, pour acheter toute l’unité de production, c’est-à-dire les chaudières, les séchoirs, les presses… Au terme de ces crédits, 7 ou 10 ans selon le cas, les machines nous appartiennent moyennant un ultime versement de 2 ou 3 % de leur valeur. »

Mais une entreprise, c’est aussi un fonds de roulement qui permet d’assurer la trésorerie au jour le jour. « Pour cela », précise Stanislas de Broqueville, « nous utilisons un crédit opérationnel assez classique. Comme c’est un crédit à court terme, nous avons recours au ‘straight loan’ qui permet de combler un déficit de trésorerie. Dès le départ, la durée et le taux d’intérêt du contrat sont connus. Le montant, prélevé en une seule fois ou par tranches, est remboursé intégralement (principal et intérêts) à l’échéance convenue. »

130827-deBroqueville-006_LRCes crédits ont été accordés par deux grandes banques, jugées « très professionnelles dans leur gestion ». Ce qui n’empêche pas l’entrepreneur de nourrir à l’égard du monde bancaire « un sentiment mitigé. Je le comprends lorsqu’il se montre strict sur les garanties qui doivent entourer un projet. Mais les banques deviennent tellement exigeantes que le crédit peut devenir un supplice. »

Le patron de Diwood s’interroge « sur les difficultés que peuvent rencontrer les jeunes entrepreneurs pour obtenir un crédit, pour peu qu’ils n’aient pas de bonnes assises financières. »

Selon lui, il est nécessaire de revoir la notion même de crédit : « Mon grand-père disait qu’il faut investir pour ses petits-enfants, autrement dit sur le long terme. Trop de gens ne pensent qu’à court terme. Le danger est là : il faut arrêter de faire de l’argent avec de l’argent. Une entreprise qui ne se construit que sur base de ratios boursiers n’a pas d’avenir. Si l’on investit, c’est pour créer des usines, de l’emploi. Il faut investir à long terme. Il faut encourager ceux qui le font, et les banques aussi. »

14/10/2013