Le crédit, c’est la vie

Que ce soit à court, à moyen ou à long terme, emprunter est vital pour les entreprises qui veulent se développer. Malheureusement, la crise financière a durci les règles du jeu.

Financer, investir, se développer : le crédit est étroitement lié à la vie d’une entreprise. Mais quelles sont les principales sources de crédit ? « On en compte trois », résume Eric van den Broele, senior manager chez Graydon, société spécialisée dans l’analyse des bilans d’entreprises.

« La première est celle qu’accordent les actionnaires, notamment via la politique de dividendes. La seconde est le crédit bancaire sous ses différentes formes. La troisième provient des délais de paiement accordés par les fournisseurs, mais une entreprise qui a des liquidités a intérêt à ne pas s’en servir : en payant au comptant, elle obtiendra un escompte de 1,5 ou 2 %. »

Les crédits bancaires, qui atteignent 120 milliards d’euros annuels, sont essentiellement de deux types. Les crédits d’investissement, qui permettent à l’entreprise de financer ses bâtiments et ses moyens de production, et les crédits à court terme, qui financent le cycle d’exploitation (fonds de roulement, etc.). Pour obtenir un crédit bancaire, il vaut mieux présenter un dossier bien étayé.

« Il faut cependant être réaliste », souligne Eric van den Broele. « Une entreprise déjà largement endettée ou dont la solvabilité est fragile aura des difficultés à obtenir de nouveaux crédits. »

Cette prudence bancaire s’explique par plusieurs raisons, dont l’obligation de respecter de nouvelles normes (Bâle III). « Il faut aussi admettre », poursuit Eric van den Broele, « qu’un certain nombre de PME belges étaient surendettées avant la crise financière de 2008-2009. Elles utilisaient le crédit comme un levier financier, comptant sur la hausse de leurs bénéfices pour rembourser leurs emprunts. La crise a mis tout cela à plat et a augmenté la prime de risque exigée par les banques. »

Ce qui explique pourquoi, aujourd’hui, un certain nombre d’entreprises sont confrontées à des problèmes structurels. Et pourquoi les banquiers se montrent plus exigeants.

Trop exigeants, les banquiers ? « Les deux points de vue se défendent », conclut Eric van den Broele. « Le volume global des crédits aux entreprises ne cesse de croître, surtout grâce à la prolongation de lignes de crédit déjà ouvertes. Les jeunes entreprises ou les PME auront sans doute un peu plus de difficultés à obtenir de nouveaux crédits, pour les raisons de sécurité bancaire déjà évoquées. En revanche, les banques seront plus rassurées par les financements de joint-ventures ou de management buy-out. »

14/10/2013