DHK, l’économie circulaire appliquée à l’alu et aux plastiques

Les plastiques et l’aluminium sont recyclables et peuvent servir de socle à une économie circulaire créatrice d’emploi, assure Philippe Dubois, CEO de DHK. Au sein de son entreprise spécialisée dans ces matières, tout le personnel s’implique dans cette voie.

“Quand on commence à réfléchir sur l’économie circulaire, cela crée une prise de conscience collective”, témoigne Philippe Dubois. “Les collaborateurs s’interrogent, proposent des solutions. Et on en arrive à avoir un potager et un verger collaboratifs dans l’entreprise.” Pour les frères Dubois, la réflexion a commencé voici environ quatre ans, après une réunion sur l’économie circulaire organisée par une intercommunale. Ils se sont demandé comment, à leur échelle, ils pouvaient s’engager dans ce mouvement. Ils ont sollicité leur personnel, interrogé leurs clients et leurs fournisseurs. Après avoir déterminé les besoins et les possibilités, la décision a été prise de collecter et de trier l’aluminium et certains plastiques. Ils ont trouvé les machines, l’espace, et recruté la personne ad hoc.

L’aluminium, recyclable à l’infini

L’aluminium, très utilisé dans un grand nombre de secteurs (automobile, construction, etc.), souffre d’une mauvaise réputation du point de vue environnemental. Philippe Dubois la juge exagérée: “Certes, la première utilisation de l’alu se révèle énergivore, comme pour la plupart des métaux. Par la suite, cependant, il fond à basse température et est recyclable à l’infini. Même les alliages très spécifiques, comme ceux utilisés dans l’aéronautique, sont réutilisables en gardant de la flexibilité et de la résistance.”

Quand on commence à réfléchir sur l’économie circulaire, cela crée une prise de conscience collective.

Philippe Dubois, DHK

L’industriel en conclut que grâce à l’alu recyclé, viser l’autosuffisance en Belgique, voire en Europe, n’est pas utopique. Ceci dit, souligne-t-il, il manque encore une volonté politique forte. DHK collecte, trie et traite également les plastiques: le PMMA (mieux connu sous le nom de plexiglas) et le polycarbonate. “Les plastiques perdent en performance au fil de leur réutilisation”, précise Philippe Dubois. “Mais si la collecte est bien effectuée et le tri très strict, on leur trouve des utilisations, par exemple dans des mélanges où même 4 à 5% de plastique suffisent pour en conserver les qualités.”

DHK assure le broyage en microbilles, ce qui permet un transport beaucoup plus rationalisé. L’étape suivante sera de transformer ces produits à l’échelon local, pour créer des emplois sur place. “On pourrait imaginer une économie collaborative et circulaire. Mais il faudra sensibiliser le consommateur final, afin qu’il cesse d’acheter des produits chinois sur internet.”

30/03/2018