Quel regard portez-vous sur le changement?

En novembre 2015, le bureau de recherche InSites a sondé des dirigeants d’entreprises, administrateurs, cadres supérieurs et moyens sur leur vision du changement. Voici un aperçu des résultats.

En faire plus avec moins de budget

Lorsqu’on les interroge sur leurs objectifs concrets pour 2016, près d’un quart des participants à l’enquête répondent qu’ils vont surtout économiser: en faire davantage avec moins de budget. La numérisation et la réaction aux changements des clients et des marchés arrivent en deuxième position. Pourtant, la numérisation n’arrive qu’à la dixième place dans la liste des principaux défis. L’un des moyens de conserver les collaborateurs dans l’entreprise consiste à développer une culture d’entreprise ouverte, motivante. Or, cette proposition n’apparaît qu’en quatrième position dans le classement des objectifs pour 2016. Il semble donc que de nombreuses entreprises ne comptent pas s’attaquer à leur plus grand défi dans l’immédiat.

Le plus grand défi est le talent

Attirer le talent et conserver des collaborateurs compétents demeure le principal défi des entreprises belges pour les trois à cinq années à venir. L’évolution des attentes et le comportement du client et du marché recueillent également des scores élevés. À court terme, on peut ajouter la pression croissante sur les prix et la réduction des budgets. Autre défi majeur, bien que moins urgent pour les entrepreneurs belges: l’effondrement des barrières entre les secteurs, avec la concurrence de nouveaux acteurs venant de l’extérieur.

L’État doit changer

Près de trois quarts des personnes interrogées trouvent que la Belgique doit changer fondamentalement pour pouvoir mieux appréhender le changement. Elles pensent surtout à une baisse de la pression fiscale, à une simplification de la réglementation et à une flexibilisation du marché de l’emploi. Notre pays ne fournit pas un encadrement suffisant pour plus de la moitié des personnes interrogées.

Le plan d’action est prêt

Trois quarts des dirigeants d’entreprises interrogés disposent d’un plan d’action concret pour s’adapter au changement. Quelque 63% des participants à l’enquête pensent qu’ils sont suffisamment armés contre la transformation. En Wallonie, ils ne sont cependant que 49% à répondre positivement à cette question. Et moins de la moitié des dirigeants d’entreprises belges estiment que le changement est inscrit dans l’ADN de leur entreprise.

Clients satisfaits, bénéfices comptés

Comment mesurez-vous le succès d’un changement? La satisfaction des clients arrive en tête, juste devant la rentabilité. Laquelle décroche cependant la première position si nous ne nous intéressons qu’aux fonctions dirigeantes. En Wallonie, 45% des personnes interrogées accordent de l’importance aux critères de réputation. Sur l’ensemble de la Belgique, ce n’est le cas que de 21% des participants. La diversification des produits et services, la croissance et la satisfaction des collaborateurs complètent le Top 5. Ce dernier aspect – pourtant un facteur-clé pour la réussite d’un changement – n’apparaît qu’en quatrième position, avec 57%.

Le changement est inévitable

Le changement est un processus continu: les répondants sont presque unanimes sur ce point. La moitié des entrepreneurs belges considèrent que le changement est toujours disruptif – c’est même le cas de 80% des entrepreneurs wallons. Et la moitié seulement des entrepreneurs et managers interrogés estiment qu’un changement graduel, incrémental, permet d’éviter la disruption.

Le succès est déterminé par les travailleurs

En matière de changement, le succès est surtout déterminé par des travailleurs motivés et compétents. C’est du moins ce que pensent la moitié des personnes interrogées. L’expertise est également importante, parallèlement à une bonne connaissance du marché et du client. Malgré l’importance qu’attachent les entreprises belges aux clients et aux travailleurs, un quart d’entre elles seulement considèrent que le dialogue entre ces deux parties constitue un facteur de succès important. Le financement n’est un facteur-clé de réussite que pour 13% d’entre elles. Enfin, à peine 7% des personnes interrogées trouvent que l’éthique est un facteur de succès significatif.

04/01/2016