Du Web aux magasins “physiques”

De la communication au Web, puis du Net aux télécoms, et enfin des télécoms à un réseau de distribution “physique” pour son nouveau produit: la société beCHARGE by Primmo Conseil a prouvé son aptitude à flairer les évolutions porteuses pour sa croissance et son développement.

L e jury de la Change League de BNP Paribas Fortis, qui distingue les entreprises capables de s’adapter le plus efficacement aux changements de leur environnement, ne s’y est pas trompé: be- CHARGE fait partie de ses 10 lauréats pour 2015. Fabrice Rotstein, son fondateur et administrateur délégué, revient sur cette belle évolution. “À l’origine, je développais une société de communication, Alta”, relate Fabrice Rotstein. “C’était l’époque où tout le monde voulait un site ‘carte de visite’. Nous avons donc créé une filiale dédiée au Web. En 1995, pour simplifier les ventes, nous avons lancé une offre ‘pack’: un site Internet incluant tous les besoins du client (hébergement, DNS et accès Internet) grâce à un accord avec Skynet, dont nous sommes devenus le distributeur.” En 2005-2006, les ventes en ligne explosent. Devenu entretemps distributeur de Belgacom, Fabrice Rotstein lance Besttelecom. be pour vendre les produits et services de l’opérateur.

“Ce qui constitue la force d’un site, cependant, c’est son trafic”, reprend Fabrice Rotstein. “Or, une fois qu’on a vendu à un client Internet le mobile, le fixe et la télévision, il n’a plus de raison de revenir. Pour créer des flux de clients récurrents, nous avons donc créé beCHARGE fin 2009.” Le site se spécialise dans le prépayé, notamment les produits de téléphonie mobile (nationaux et internationaux) et la monétique. Le taux de fidélité des clients atteint 75%. “Et nous venons de conclure un partenariat avec le n°2 mondial du transfert d’argent, MoneyGram.

D’une part, nous offrirons leur service de transfert d’argent sur beCHARGE, et de l’autre, nous distribuerons notre nouveau produit myBecharge dans leurs magasins.” MyBecharge a été développé pour donner accès au service de recharges internationales dans le réseau physique (librairies, night shops, etc.), permettant aux clients de recharger les mobiles de leurs proches dans 120 pays sans nécessairement disposer de carte bancaire. MyBecharge est un “portefeuille” de 5, 10 ou 25 euros qui permet de réaliser une ou plusieurs recharges sur un ou plusieurs mobiles vers les 400 opérateurs repris dans l’offre. Le client peut désormais acheter un code chez MoneyGram ou dans plus de 1.000 magasins les distribuant en Belgique.

“QUAND LES CLIENTS SE DÉTOURNENT DE VOTRE PRODUIT, NE VOUS OBSTINEZ PAS: ADAPTEZ-VOUS IMMÉDIATEMENT. MIEUX VAUT SE COUPER UN DOIGT QUE LE BRAS!”

Fabrice Rotstein, beCHARGE

Les récipiendaires n’ont aucune manipulation à effectuer – ils peuvent même recevoir un SMS gratuit de leur correspondant. “Nous avons ‘bouclé la boucle’ en revenant dans le monde physique”, sourit Fabrice Rotstein. Plus de deux millions de codes ont été vendus, pour un montant de 11 millions d’euros. L’entreprise espère décupler son chiffre d’affaires dans les années à venir.

Réaliser une veille quasi permanente

Une démonstration de plus de la capacité d’adaptation de beCHARGE: “Dans notre secteur, les technologies évoluent très rapidement: moyens de paiement, solutions mobiles, nouveaux produits et services, lutte contre la fraude, etc.”, énumère le chef d’entreprise. “Je réalise une veille nationale et internationale, je me rends dans les foires de mon secteur, je cultive mon réseau et je lis tous azimuts. Et bien sûr, nous avons la culture de l’écoute des clients, qui nous ont suggéré l’idée de myBecharge.”

Plus largement, Fabrice Rotstein juge qu’intégrer la notion de changement est vital pour les entreprises, peu importent sa taille et son secteur. “Quand les clients se détournent de votre produit, ne vous obstinez pas: adaptez-vous immédiatement. Mieux vaut se couper un doigt que le bras! Cette philosophie doit être présente à tous les niveaux. Lorsque je recrute quelqu’un, je lui déclare: ta tâche, c’est ça, mais pas seulement. J’apprécie d’ailleurs les profils ‘multifonctions’! L’évolution du personnel contribue à celle de la société.” Selon Fabrice Rotstein, tout entrepreneur doit se poser sans cesse la question: comment faire pour être encore là demain? “Ne la percevez pas uniquement comme une contrainte, imprégnez-vous du côté défi, adrénaline, du plaisir de tester un produit, de se confronter au marché. Bien sûr, vous vous ‘planterez’ parfois, ou vous n’atteindrez pas les objectifs fixés. Ce ne serait un échec que si vous n’en tiriez pas les leçons!”


 

Mieux servir la nouvelle génération de pensionnés

Ce qui a motivé l’Office national des pensions à adopter une stratégie de changement aussi ambitieuse? “Tout simplement le monde dans lequel nous vivons, un monde qui change de plus en plus vite”, résume Sarah Scaillet, son administratrice générale. “Offrir le meilleur service au citoyen nécessitait, pour une administration publique telle que la nôtre, d’adopter les moyens les plus modernes, tant dans la communication avec les citoyens que dans le traitement des dossiers et l’amélioration de son efficience propre.”

La méthode? Numériser et virtualiser au maximum les dossiers: “Tout est devenu électronique, mais avec la même force probante que le papier”, souligne Sarah Scaillet. “L’occasion de proposer, à la nouvelle génération, des services pour l’informer mieux encore. En janvier prochain, un ‘moteur des pensions’ permettra, sur base des informations individuelles, de déterminer quand on pourra prendre sa pension. Puis, en 2017, d’évaluer le montant de sa future retraite.”

04/01/2016