Du temple du livre aux Big Data

Les rouleaux de papyrus

La Bibliothèque d’Alexandrie était le plus grand temple du livre de l’Antiquité classique. Elle s’était donné pour mission d’avoir un exemplaire de chaque livre jamais écrit. À une époque, la bibliothèque de la ville portuaire égyptienne possédait 700.000 rouleaux de papyrus. Un incendie a réduit les bâtiments en cendres en 48 avant Jésus-Christ, sans doute pendant le siège de la ville par les légions de l’empereur romain Jules César.

Imprimerie

L’invention de l’imprimerie par Johannes Gutenberg a permis une diffusion beaucoup plus large de l’information et du savoir. Huit millions de livres ont été imprimés au cours des 50 années qui ont suivi. La diffusion de connaissances qui a accompagné ce phénomène a inspiré d’innombrables penseurs et inventeurs. Plus de 560 ans plus tard, Google réédite cette révolution avec Google Books.

Algèbre booléenne

Si nous pouvons éplucher internet à l’aide de moteurs de recherche, c’est en grande partie grâce au mathématicien britannique George Boole. Les opérateurs à son nom, comme « et », « ou » et « sauf », permettent en effet de créer de l’ordre dans cet océan de données. Grâce aux paramètres avancés des moteurs de recherche, nous pouvons ainsi nous renseigner sur le philosophe Francis Bacon sans que les résultats soient pollués par des sites de recettes à base de lard fumé.

Carte perforée

Pour améliorer l’efficacité des opérations de recensement qui prenaient énormément de temps, l’Américain Herman Hollerith imagine une machine à additionner capable de traiter automatiquement les informations. Pour exploiter son invention, il crée l’entreprise Tabulating Machine Company. Rebaptisée IBM 20 ans plus tard, c’est toujours un géant de l’industrie technologique aujourd’hui.

Bibliographie universelle

Les Belges Paul Otlet et Henri La Fontaine décident d’établir un index de tous les livres publiés. Au début des années 1930, leur bibliographie universelle compte 16 millions de fiches, en grande partie manuscrites. La noble idée se soldera par un échec, les auteurs étant incapables de tenir le rythme des nouvelles publications. Mais le système de classification complexe qu’ils ont développé est toujours utilisé dans de nombreux systèmes informatiques.

ENIAC

John Mauchly et John Eckert conçoivent le premier ordinateur entièrement électronique, l’ENIAC, totalisant plus de 30 tonnes et 18.000 tubes à vide. Initialement destiné à calculer rapidement la trajectoire de grenades et de missiles, le super-ordinateur ne sera terminé qu’après la guerre. L’ENIAC occupait une salle entière et affichait la puissance de calcul d’une puce actuelle de quelques millimètres carrés.

Puce électronique

Au sein de l’entreprise technologique Texas Instruments, le chercheur Jack Kilby invente le circuit imprimé composé de centaines de transistors, résistances et autres petits éléments. Cette puce rendra l’électronique plus rapide, plus petite, moins chère et plus fiable. Depuis, la puissance de calcul de cette puce double tous les deux ans environ. Kilby recevra le prix Nobel de physique en 2000.

Wikipedia

Le nom de l’entreprise est une contraction du mot hawaïen pour « rapide » (wiki) et d’encyclopédie. Bien que tout le monde puisse contribuer aux articles, on ne recense « que » quelque 300.000 auteurs dans le monde. Un contrôle mutuel assure un haut niveau de qualité. La version anglophone compte aujourd’hui plus de 4,6 millions d’articles, la version francophone, quelque 1,5 million. Wikipedia est restée une coopérative. Son fondateur Jimmy Wales ne veut pas de publicité, qui porterait atteinte selon lui à la neutralité de l’encyclopédie.

20/12/2014