Édito

Quel est le rôle de la banque en 2014 ?

Fondamentalement, il n’a pas changé : organiser un système permettant aux entreprises et aux ménages de placer leurs économies et d’obtenir des crédits. Lors de la crise de 2008, les banques se sont retrouvées dans l’impossibilité de jouer ce rôle essentiel. Leurs autres activités, comme le trading de produits bancaires américains complexes, les avaient mises en difficulté. Ces excès ont coûté cher à l’économie belge. Pourtant, certains produits de trading restent indispensables. Par exemple, pour exporter vers des pays où d’autres monnaies que l’euro ont cours, vous avez besoin de produits de trading, notamment pour amortir les fluctuations des cours de change.

Une banque ne peut donc pas se contenter de ses deux tâches principales (collecte de dépôts et octroi de crédits). La Banque nationale de Belgique a fixé cette vision dans un certain nombre de mesures approuvées par le gouvernement. Il ne faut pas scinder les banques en banques d’affaires et en banques de détail, estime la Banque nationale. Il est préférable de limiter leur portefeuille de trading pour qu’elles se concentrent sur leur rôle essentiel.

De plus, toutes les banques actives en Belgique, surtout en comparaison avec des pays comme la Grande-Bretagne, sont fondamentalement des banques de détail. Et c’est très bien comme cela. La Banque nationale sera également réformée en profondeur. À partir de novembre 2014, la Banque centrale européenne deviendra l’organe de surveillance d’environ 130 organismes de crédit, qui représentent 85% de l’actif total des banques dans la zone euro. Pour mener cette mission, la BCE collaborera avec les organes de surveillance nationaux.

Nous sommes en train de soumettre les banques, y compris les banques belges, à un examen approfondi de leur bilan ainsi qu’à un test de résistance. Les différents crédits au bilan de la banque sont-ils valorisés correctement ? Comment la banque réagira-t-elle à un scénario de crise au cours des trois prochaines années ? Dispose-t-elle de fonds propres suffisants ? Toutes ces mesures liées aux fonds propres et aux liquidités vont dans la bonne direction. Nous avons tiré les enseignements de la crise de 2008. Nous sommes plus à l’abri aussi grâce aux règles de Bâle III, alors qu’avant 2008, celles de Bâle II n’étaient pas assez strictes.

Mathias Dewatripont, Directeur de la Banque nationale de Belgique et professeur à l’ULB

11/04/2014