De l’argent auquel on ne touche pas

23 décembre 2013, 16 heures. Le shopping de Noël bat son plein. C’est précisément à ce moment-là que les terminaux de paiement Bancontact tombent en panne pendant deux heures. Plus de deux millions de transactions ne peuvent être effectuées et les commerçants voient filer plus de 50 millions d’euros de chiffre d’affaires.

Telle est la face obscure du traitement électronique des paiements. Contrairement à une transaction traditionnelle en cash – un service ou un bien en échange d’argent comptant –, il faut pouvoir compter sur un support technologique fiable lorsque vous utilisez de la monnaie scripturale intangible. Cette confiance est méritée dans 99,9% des cas. Mais 99,9%, ce n’est pas 100%. Pas une semaine ne passe sans qu’on évoque la défaillance d’un système de paiement ou un vol d’informations bancaires dans le cyberespace financier. Admettons-le, les défaillances électroniques sont exceptionnelles. Et elles sont la seule part d’ombre d’un système qui présente par ailleurs de nombreux avantages. En effet, le paiement électronique complique considérablement le vol et la fraude, car le monde électronique est un univers ouvert et contrôlé. Et surtout un univers pratique.

Confortablement installés dans notre fauteuil, nous ne craignons plus de perdre des billets, nous faisons des achats et des ventes où et quand nous le voulons. Sans nous soucier des mécanismes complexes qui sous-tendent cette amélioration de notre confort financier. Ce confort nous est fourni par la banque. Le coeur d’activité de chaque banque est clair : fournir des services. En tant qu’intermédiaire, la banque veille à ce que les capitaux excédentaires des uns soient dirigés vers les autres, qui souhaitent en faire quelque chose. Si l’objectif est simple, la tâche est éminemment compliquée. Recevoir des dépôts et accorder des crédits est une chose. Gérer les flux financiers gigantesques qui en découlent, de et vers les particuliers, entreprises, pouvoirs publics et autres banques, est une autre paire de manches.

Dès lors, la gestion de ces flux financiers est une des tâches cruciales des banques. Une tâche dont l’ampleur s’est encore accrue ces dernières années. Car il ne s’agit pas uniquement d’alimenter un terminal en billets, ou d’accepter une carte de crédit au restaurant. Proton ? Puce de GSM ? Sites web? Vous payez où, quand et comme vous le souhaitez, à l’aide de vos revenus, virés automatiquement sur votre compte. Aujourd’hui, la Belgique compte 14 millions de cartes de débit et 4 millions de cartes de crédit.

03/04/2014